Grands rendez-vous politiques ce week-end à Lyon, entre la présentation du programme de Marine Le Pen et les démonstrations de force d'Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon.

A Lyon, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon (et son hologramme à Paris) et Marine Le Pen ont tous les trois parlé devant les militants.
A Lyon, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon (et son hologramme à Paris) et Marine Le Pen ont tous les trois parlé devant les militants. © AFP / Photomontage

[Investiture de Benoît Hamon exceptée,](http://Benoît Hamon officiellement investi, le PS commence à y croire) ce week-end, la campagne présidentielle s'est concentrée sur Lyon.

144 engagements et beaucoup de réchauffé

Pas de révolution pour la candidate frontiste, mais quelques évolutions sémantiques : lors d' "Assises présidentielles", devant plus d'un millier de partisans, dans une salle à moitié vide au Palais des congrès, Marine Le Pen a dévoilé samedi ses "144 engagements". Son programme de 24 pages détaille sept grands thèmes de campagne : une France "libre", "sûre", "prospère", "juste", "fière", "puissante" et "durable".

On retrouve dans son programme des continuités : deux référendums rapides, le premier constitutionnel avec notamment "la priorité nationale" , le second pour "récupérer" les quatre "souverainetés" (budgétaire, territoriale, monétaire et législative). Comme en 2012, le FN propose la retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisations, les 35 heures négociables par branche, la fin de l'aide médicale d'État, la "tolérance zéro"...

C'est principalement le vocabulaire qui a été lissé par rapport à 2012 : pas de "sortie de l'euro" mais "rétablissement d'une monnaie nationale", une "prime de pouvoir d'achat" plutôt qu'une "augmentation nette de 200 euros des salaires jusqu'à 1,4 fois le SMIC", "remplacer les dispositions de la loi Taubira"...

Dans le même esprit, la "perpétuité réelle" est désormais privilégiée à la peine de mort, même si Marine Le Pen, favorable à cette dernière, incite les Français à s'en "saisir" via un référendum d'initiative populaire.

Samedi, elle a insisté sur "la cohérence" de son projet, dont "la philosophie n'a pas changé" depuis 2012.

Son moment fort du week-end, avec 4 000 à 10 000 personnes attendues selon les sources, est prévu également dimanche, à 15h, premier de ses dix meetings présidentiels jusqu'au premier tour. Un rassemblement auquel les journalistes de Mediapart et de Quotidien (TMC) n'assisteront pas, refusés par le FN.

Palais des sports bondé pour Emmanuel Macron

Du côté d'Emmanuel Macron, pas de nouveaux éléments quant à son programme, mais une démonstration de force.

"Certains prétendent aujourd'hui parler au nom du peuple mais ce ne sont que des ventriloques", a lancé l'ex-ministre de l'Economie devant 8 000 personnes, tandis que plusieurs milliers d'autres l'écoutaient devant un Palais des sports bondé.

"Ils ne parlent pas au nom du peuple, ils parlent au nom de leurs aigreurs, ils ne parlent pas pour le peuple, ils parlent pour eux-même, de père en fille, de fille en nièce", a-t-il ajouté. Une allusion à Marine Le Pen, à son père Jean-Marie et à sa nièce, Marion Maréchal-Le Pen.

Il a également évoqué, sans citer nommément François Fillon, les soupçons d'emplois fictifs dont auraient bénéficié l'épouse et deux des enfants du candidat de la droite. Emmanuel Macron a plaidé pour la transparence en politique, à un moment, a-t-il dit, "où les scandales chaque jour dévoilent les pratiques d'un autre âge".

Emmanuel Macron, candidat hors parti dont la démarche a longtemps laissé sceptiques dirigeants politiques de tous bords et observateurs, fait désormais salle comble à chacun de ses meetings et grignote des points dans les sondages, alors que se multiplient les ralliements à son mouvement, "En Marche !".

Les dernières enquêtes sur les intentions de vote le placent en deuxième position au premier tour de la présidentielle, devant le candidat de la droite, François Fillon, et en position de challenger de Marine Le Pen, en tête.

Jean-Luc Mélenchon combatif sur deux fronts

Le candidat de la France insoumise a défié à la fois Marine Le Pen et Emmanuel Macron dimanche, lors de son meeting en simultanée à Lyon et à Aubervilliers, en périphérie de Paris, grâce à un hologramme.

Dans un meeting sans couac technique, devant quelque 12 000 personnes à Lyon et 6 000 à Paris, d'après les chiffres fournis par son équipe de campagne, Jean-Luc Mélenchon a affiché sa différence avec la présidente du FN et le meneur d'"En marche !". Il a notamment détaillé "le communautarisme de Madame Le Pen", "l'indifférence aux autres qu'incarne le libéralisme de Monsieur Macron" et "notre pratique à nous, l'humanisme, celui de la solidarité, de la coopération, plutôt que de la compétition, et de l'universalisme".

Dans un paysage politique incertain alors que François Fillon est empêtré dans le scandale d'emplois présumés fictifs de son épouse et de deux de ses enfants, Jean-Luc. Mélenchon va essayer de sortir plus fort de cette séquence, en s'ancrant dans la "cohérence de sa démarche et de son programme", explique Manuel Bompard, son directeur de campagne.

Avec ce double meeting, Jean-Luc Mélenchon est bel et bien entré dans la bataille d'affluences entre Emmanuel Macron qui a rassemblé plus de 10.000 partisans samedi à Lyon, et Marine Le Pen qui escomptait un chiffre similaire pour son meeting dimanche dans la même ville.

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