Insoumis, communistes et socialistes étaient disposés à partir ensemble pour se donner une chance de battre la droite à Marseille. Mais EELV a décidé de se lancer sans attendre dans la campagne, en annonçant la création d'une liste écolo-citoyenne conduite par Sébastien Barles. Il nous a expliqué ce choix.

EELV a décidé de se lancer dans la campagne pour les municipales à Marseille en construisant sans attendre sa "liste écolo-citoyenne" avec à sa tête Sébastien Barles
EELV a décidé de se lancer dans la campagne pour les municipales à Marseille en construisant sans attendre sa "liste écolo-citoyenne" avec à sa tête Sébastien Barles © AFP / Anne-Christine Poujoulat

Jean-Claude Gaudin va laisser son fauteuil de maire après 25 ans de mandat. Une chance s'ouvre pour la gauche et les différents partis et des collectifs d'habitants et de militants discutent depuis des semaines d'une alliance pour présenter une liste unique, seul espoir à leurs yeux de succéder à la droite.  

Mais surprise, réunis samedi en assemblée générale, les adhérents EELV ont voté à 80% pour une liste "écolo-citoyenne", sur un programme centré sur l'écologie, une motion présentée par Sébastien Barles, 46 ans, ancien assistant parlementaire européen, qui a été désigné tête de liste.

FRANCE INTER : Pourquoi cette précipitation d'Europe Ecologie les Verts de se lancer en campagne ?

SÉBASTIEN BARLES : "Marseille est en état d'urgence. À Marseille il y a une vraie crise écologique, démocratique et sociale et ce que l'on souhaite c'est vraiment que l'écologie soit la matrice qui réponde à ces trois urgences. Ce qu'on veut c'est rassembler autour de l'urgence écologique l'ensemble des Marseillais, pour sortir cette ville, qui est la plus inégalitaire, la plus polluée, la plus embouteillée de France, de son marasme."

Mais vous étiez tous en train de discuter ensemble : la France insoumise, le PC, le PS, tous étaient disposés à partir ensemble.

"Oui mais nous ce que l'on pose vraiment c'est la question du primat de l'unité sur le primat d'écologie. Ce que l'on veut ce n'est pas sauver la gauche et les partis, parce que ce processus risque dans s'enliser dans une espèce de cartel des gauches. Nous ce que l'on veut se poser le rassemblement des écologistes et le primat de d'écologie au cœur du projet pour transformer la ville. On voit bien dans tous les sondages qu'aujourd'hui les déçus du système – et à Marseille dieu sait s'il y a des gens qui s'abstiennent parce qu'ils sont déçu par ce système clientéliste affairiste – et bien les déçus de ce système c'est l'écologie qui les réveille, c'est écologie qui les ramènent aux urnes."

Mais vous n'avez pas le monopole de l'écologie ?

"Non nous nous n'avons pas le monopole de l'écologie. Ce n'est pas uniquement une liste EELV. Nous avons commencé à rassembler les jeunes de la génération climat, il y a même des gens des quartiers populaires de Marseille, des collectifs qui nous rejoignent, parce qu'il considèrent que la question de la précarité énergétique est un vrai souci dans les quartiers, la question de la malbouffe également. Donc la question écologique aujourd'hui irrigue tous les quartiers de Marseille. Elle irrigue les consciences à Marseille et donc on veut rassembler autour de cette priorité qu'est l'écologie à Marseille."

Est-ce qu'il n'y a pas une question de méthode ?  Vous dites : 'nous on y va et si vous si vous voulez y aller vous nous rejoignez' ?

"Nous considérons qu'il y a des partenaires. Nous n'allons pas gagner tous seuls cette ville. L'idée c'est qu'on reconnait qu'il y a des  partenaires, il y a un moment citoyen qui s'appelle "Le Pacte démocratique" à Marseille avec lequel on souhaite dialoguer. Il y a également un rassemblement qui s'appelle "le rassemblement inédit" avec lequel on va dialoguer. C'est avec eux que nous avons vocation à gouverner cette ville. On continue à dialoguer, mais nous on souhaite poser cette liste écolo-citoyenne et entrer en campagne parce qu'il y a tellement d'enjeux dans cette ville qu'il faut s'y prendre dès maintenant."

Il y avait moins en moins d'une centaine d'adhérents présent à votre assemblée générale pour voter pour voter cette entrée en campagne. Ce n'est pas un peu maigre pour décider ?

"C'est toujours pareil qui est légitime pour décider ? Quand on a fait les états généraux et qu'ils ont prêté le serment du Jeu de Paume, il n'y avait pas une foule considérable, mais il y avait des représentants. Cette liste écolo-citoyenne ne représente pas seulement les militant EELV, mais aussi l'ensemble des personnes qui à Marseille aspirent à ce que l'écologie soit au cœur d'un projet pour transformer cette ville qui souffre tant.

L'idée n'est pas de sauver la gauche, mais de sauver Marseille et les Marseillais.

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