Thierry Marchal-Beck, un ancien président du Mouvement des jeunes socialistes, est accusé par huit femmes, dont Libération a recueilli les témoignages, de harcèlement et d'agressions sexuelles. Des faits prescrits dans leur grande majorité.

Thierry Marchal-Beck, ici à la tribune en octobre 2013, est accusé de harcèlement et d'agressions sexuelles
Thierry Marchal-Beck, ici à la tribune en octobre 2013, est accusé de harcèlement et d'agressions sexuelles © Maxppp / Xavier de Torres

Thierry Marchal-Beck a toujours eu beaucoup de charisme. Une capacité à se faire entendre et à fédérer autour de lui qui lui ont permis de vite progresser au sein du MJS, après un passage par l'UNL, l'Union nationale lycéenne. Nommé au Bureau National du MJS en 2009, il est ensuite désigné secrétaire national au Projet en 2012 avant d'être choisi pour prendre la tête du mouvement des jeunes socialistes en 2011, poste qu'il occupera durant deux ans.

Lorsque la parole des femmes est enfin entendue

C'est encore une fois l'affaire Weinstein qui a libéré la parole et dans ce mouvement de jeunesse du PS, les femmes se sont enfin senties autorisées à raconter ce qu'elles avaient vécu, ce que – disent-elles – tout le monde savait depuis longtemps mais avait choisi de taire pour en pas nuire à une organisation qui se revendique féministe.

Les faits dont huit femmes témoignent dans Libé, se seraient déroulés entre 2010 et 2014 et n'ont pas fait l'objet de plaintes pour l'instant. 

Thierry Marchal-Beck, racontent-elles, ne supportait pas qu'on lui dise non, lors de relations consenties mais terminées, où lorsqu'une militante ou une responsable lui plaisait. Les agressions sexuelles décrites dans Libération "parlent" plus de violence que de sexualité, comme cette fois où "TMB", comme on l'appelle, plaque contre un mur une jeune femme, tente de l’embrasser de force et passe ses mains sous son tee-shirt. "Il n’était pas entreprenant, simplement violent", raconte-t-elle.

Certains faits se déroulent en public, au cours de moments "festifs". Des militants sont alertés du comportement de leur président, pourtant résolument féministe à la tribune. Et là se pose l'éternelle question : dénoncer un problème qui pourrait "salir le mouvement" ou regarder ailleurs ?

Même l'explosion de l'affaire Baupin en mai 2015 n'y fait rien. Il faudra attendre la libération publique de la parole qui a suivi l'affaire Weinstein, pour que cette autre parole devienne audible.

Le Parti socialiste réclame des suites judiciaires 

L'actuel président du MJS, Benjamin Lucas, s'est dit "révulsé",  et s'est engagé à "continuer le travail entrepris (depuis) plusieurs semaines" pour "interroger et transformer nos cadres collectifs, nos pratiques, nos silences".

Pour le MJS, "Au-delà des responsabilités individuelles des harceleurs, des agresseurs, et des violeurs, il nous appartient sans cesse d'interroger nos cadres collectifs et nos pratiques pour qu'aucun.e militant.e n'ait à souffrir d'aucune violence physique ou psychologique".

Le député PS Régis Juanico, qui a présidé le MJS en 1995 est révulsé, dit-il, par "le comportement inexcusable" de Thierry Marchal-Beck.  

Dans un communiqué le PS écrit : "Le Parti socialiste salue le courage dont ont fait preuve ces femmes pour dénoncer des faits qui devront désormais être qualifiés par la justice. Les témoignages qui accusent un ancien président du MJS d'harcèlements sexuels et d'agressions sexuelles à l'encontre de jeunes femmes, militantes du mouvement de jeunesse, sont d'une extrême gravité. _Ils ne sauraient rester sans suites judiciaires adéquates_". 

Le PS qui indique également que Thierry Marchal-Beck n'est plus membre du parti depuis deux ans. 

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