TOUT JUSTE ÉLUS (1/10) - Un peu plus d’un mois qu’ils sont aux manettes : France Inter part à la rencontre des nouveaux maires qui font leurs premiers pas. Pour ce premier épisode direction Oraison, dans les Alpes de Haute-Provence, désormais administrée par un maire LREM.

Mairie d'Oraison dans les Alpes de Haute-Provence
Mairie d'Oraison dans les Alpes de Haute-Provence © Capture d'écran Google Maps

Cette commune fait figure d’exception. À Oraison, 6 000 habitants, au cœur de la Vallée de la Durance, dans les Alpes de Haute-Provence, c’est désormais un maire LaREM qui est aux manettes. Une exception car ces municipales se sont soldées sur un échec cuisant pour le parti présidentiel. Le 28 juin dernier, au terme d'une triangulaire, Benoît Gauvan, 42 ans, entré en politique en 2016, a emporté avec sa liste 24 des 29 sièges au conseil municipal.

Entre légumes et parapheurs

Quand il n’est pas en mairie, le nouvel édile vend ses légumes à Manosque, à 15 kilomètres de là. Mais pour l’instant, c’est l’heure des premiers pas pour cet ancien président de la chambre départementale d'agriculture. Et notamment dans son nouveau bureau. “On s’est retrouvés un peu figés dans les années 90”, raconte-t-il. “C’était la première chose qui nous a frappés en entrant dans le bureau du maire. La déco datait d’il y a 25 ans, de l’élection du dernier maire.”

Depuis, c'est une montagne de parapheurs à signer, le préfet et les collègues de l'agglomération qu'il faut rencontrer et des tête-à-tête avec tous les agents de la ville. “On a une équipe de 109 agents et je ne connaissais pas tout le monde… C’est encore le cas pour certains”, explique Benoît Gauvan.

Tenir les promesses et porter les couleurs de LaREM

Un été entre les champs et la mairie : pas de vacances pour Benoît Gauvan qui doit se pencher sur ce nouveau préau qu’il faut construire pour l'école et, surtout, engager les démarches pour honorer sa promesse de campagne, créer une cuisine centrale “pour fournir les repas des cantines scolaires avec un approvisionnement local”.

Benoit Gauvan, qui était jusque là le référent de LaREM dans le département, sera donc l’un des rares exemples d’un marcheur élu maire ; il a d’ailleurs conscience de faire figure d'exception dans le paysage national : “On est un mouvement qui n’a que quatre ans, et cela commence par des élus dans nos villages.”  Toujours encarté En Marche, il concède que les étiquettes importent peu lorsqu’on se met au service de son village.

“J’ai un ami élu qui m’a dit un jour : ‘au premier mandat, on apprend. Le deuxième, on réalise et le troisième, on fait des bêtises. J’éviterai de faire des bêtises”, conclut-il.