La présidente du RN a choisi de lancer sa campagne dès ce dimanche. À la mi-janvier donc, bien avant Emmanuel Macron, Laurent Wauquiez ou Jean-Luc Mélenchon. Pourquoi part-elle si tôt ? Et surtout qu'a-t-elle prévu jusqu'au scrutin, le 26 mai prochain ? "Une campagne de proximité", nous annonce son équipe.

Marine Le Pen et Jordan Bardella vont sillonner la France et tenir meeting dans une vingtaine de petites communes
Marine Le Pen et Jordan Bardella vont sillonner la France et tenir meeting dans une vingtaine de petites communes © Maxppp / IP3 Press / Aurelien Morissard

Un clin d’œil pour démarrer. Marine Le Pen a choisi la Maison de la Mutualité à Paris pour lancer sa campagne des Européennes. Une salle, situé au bord du quartier Latin, où toutes les figures de gauche ont défilé et qui a aussi accueilli le tout premier meeting d'Emmanuel Macron, alors ministre, en juillet 2016.

Ensuite, c'est fini. Plus aucune grande salle parisienne à l'agenda. Marine Le Pen veut une campagne de proximité. Elle avait déjà tenté l'expérience lors de la présidentielle en 2017, en réalisant des réunions publiques dans des fermes, derrière des ballots de paille, ou dans de petites salles des fêtes. "Ça avait très bien marché", assure-t-elle. 

Des meetings low-cost

La présidente du RN a donc prévu de sillonner, avec sa tête de liste, Jordan Bardella, une vingtaine de petites communes partout en France. Les réunions publiques se tiendront le samedi après-midi pour rassembler un maximum de monde. "Sa venue crée l’événement, et attire les curieux, et même souvent des abstentionnistes" analyse un de ses stratèges.

Ces modestes réunions publiques, c'est aussi une histoire d'argent, pour un parti qui n'a toujours pas encore bouclé le financement de sa campagne. "Le prêt avec une banque européenne n'est pas signé, mais c'est en bonne voie" se rassure un fidèle de Marine Le Pen. La campagne devrait coûter environ 4 millions d'euros, intégralement remboursés si la liste obtient plus de 3% des voix, ce qui est déjà acquis.

"Une réunion publique avec 500 personnes dans une salle des fêtes, c'est 15 000€, et donc 10 fois moins cher qu'un meeting dans un Zénith" assure un organisateur de la campagne

Ces meetings très économiques présentent deux autres avantages :

  • Quel que soit le lieu, la couverture médiatique est quasiment la même : retransmission du discours, reportage dans les journaux, etc.
  • Plus Marine Le Pen va dans des petits villages, plus elle entretient cette image de candidate du peuple, proche de la "France des oubliés"

Des rendez-vous avec les gilets jaunes

Marine Le Pen a prévu de rencontrer, à huis clos, un groupe de gilets jaunes en marge de son premier meeting. Ce sera samedi prochain, le 19 janvier, à Thor dans le Vaucluse, tout près d'Avignon. "Une rencontre informelle pour rester au contact du mouvement", explique un élu RN. "Et elle essaiera de répéter l'expérience lors de ses autres déplacements de campagne".

La patronne du RN a choisi de faire elle-même campagne, elle formera donc avec sa tête de liste, Jordan Bardella, un binôme. Ils se déplaceront ensemble. "Bardella n'est pas capable de remplir une salle", tacle un lieutenant. À 23 ans, le porte-parole du parti et conseiller régional d'Île-de-France manque, en effet, de notoriété.

Une grande fête le 1er mai

Pour l'instant, les équipes de Marine Le Pen n'ont prévu qu'un seul grand événement en France pendant cette campagne. Ce sera le mercredi 1er mai dans une capitale régionale. 

"Nous lançons la campagne à Paris, le 1er mai, ce sera donc en province comme l'an dernier" explique un salarié du RN. 

Le 1er mai 2018, Marine Le Pen avait réuni ses alliés européens à Nice, pendant que son père, Jean-Marie Le Pen, rendait hommage à Jeanne d'Arc à Paris.

Pendant ces cinq mois de campagne, Marine Le Pen compte s'appuyer énormément sur les réseaux sociaux, en publiant ces propres reportages à l'issue des déplacements. Un clip de campagne sera bientôt publié. Plusieurs salariés travailleront exclusivement à la création de visuels et de contenus pour Internet. 

Un casse-tête européen

La grande difficulté, en ce moment, pour le staff du RN, c'est de trouver une date commune à tous les alliés européens. Car Marine Le Pen souhaite organiser une démonstration de force, un grand meeting avec, sur scène : son ami, le vice-Premier ministre italien, Matteo Salvini, patron de la Ligue, le chef du FPÖ, l'Autrichien Heinz-Christian Strache, le Néerlandais Geert Wilders à la tête du PPV, le Belge Gerolf Annemans du Vlaams Belang, et dans l'idéal d'autres figures eurosceptiques, qui ne sont pas encore membre de son groupe politique, ENL.

En plus de ce grand raout, Marine Le Pen compte se rendre dans plusieurs pays européens pour forger sa stature internationale, et tenter de prouver qu'une alternance est possible à Strasbourg. Des contacts ont déjà été pris avec les Hongrois du Fidesz, le parti du Premier ministre Viktor Orban, mais un aller-retour à Budapest n'est pas encore à l'agenda. Il est davantage question de Berlin et Vienne. Ces déplacements seront, comme souvent, annoncés au dernier moment.

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