[scald=101895:sdl_editor_representation]par Elizabeth Pineau

REIMS, Marne (Reuters) - François Hollande a célébré jeudi la journée internationale des Droits des femmes et l'unité retrouvée du Parti socialiste à Reims, théâtre du congrès fratricide ayant abouti en 2008 à l'élection de Martine Aubry à la tête du parti.

La première secrétaire était présente en Champagne pour soutenir son prédécesseur au PS et ancien adversaire de la primaire devenu candidat à l'élection présidentielle.

Dès le début de son discours devant près de 4.000 personnes, François Hollande a salué l'unité retrouvée de son parti sur son nom, trois ans et demi après le congrès qui vit la victoire de Martine Aubry sur Ségolène Royal dans une ambiance délétère.

"Nous voilà de nouveau à Reims, cette fois-ci non plus pour un congrès, qui fut regardé comme celui de la division. Et voilà que trois ans après nous voici, socialistes, rassemblés comme jamais nous ne l'avons été dans notre histoire !", a-t-il dit.

"Martine y est pour beaucoup", a-t-il ajouté à l'adresse de la première secrétaire assise devant lui, non loin du maire de Reims Adeline Hazan, l'une des trois femmes socialistes maires d'une ville de plus de 100.000 habitants.

En cette journée des femmes, étaient présentes l'ancien Premier ministre Edith Cresson, les ex-ministres Yvette Roudy, Elisabeth Guigou, Catherine Tasca et la philosophe Sylviane Agacinski, épouse de l'ancien Premier ministre Lionel Jospin.

François Hollande a rendu hommage aux féministes Olympe de Gouge et Louise Michel mais aussi à Léon Blum, "premier à faire entrer des femmes dans le gouvernement, en 1936".

Il a salué le choix de François Mitterrand de nommer Yvette Roudy à la tête d'un ministère du Droit des femmes et Edith Cresson à Matignon. Il a rendu hommage à Lionel Jospin, qui fit inscrire le principe d'égalité dans la Constitution en 1999 et à Simone Veil, "exemple de courage et de dignité", qui fit légaliser l'interruption volontaire de grossesse (IVG).

"C'est le Parti socialiste qui a désigné une femme qui a été au second tour de l'élection présidentielle en 2007, Ségolène Royal", a-t-il dit lors d'une rare allusion à son ex-compagne.

"FORFAIT CONTRACEPTION" POUR LES MINEURS

"Il est temps d'ouvrir une nouvelle page pour l'égalité entre femmes et hommes", a-t-il dit, complétant ses propositions distillées tout au long de la journée commencée dans une maternité des Lilas, dans les Hauts-de-Seine.

François Hollande propose la création d'un "forfait contraception" pour les mineurs garantissant l'anonymat. Il propose aussi d'étendre la contraception gratuite aux 18 à 25 ans sous condition de ressources.

Reprenant des thèmes évoqués plus tôt avec des associations, il a demandé que tous les établissements hospitaliers publics soient dotés d'un centre d'IVG, dont il souhaite le remboursement à 100%.

"Mutilations sexuelles, mariage forcé, rien ne doit être accepté", a-t-il aussi déclaré.

François Hollande prône un allongement du congé paternité et la création d'un "service public" de la garde d'enfants. Son projet prévoit d'imposer la parité dans les partis politiques et le respect de la loi sur l'égalité salariale hommes-femmes, sous peine de perdre les bénéfices des cotisations sociales sur les emplois concernés.

Avant lui à la tribune, Martine Aubry s'est réjouie de voir le candidat PS poursuivre son propre combat pour les femmes.

"François Hollande est un grand humaniste, quand on est un humaniste, on est un féministe", a dit la maire de Lille. "Ce que nous voulons, ce n'est pas un progrès c'est d'avoir l'égalité, c'est ça l'engagement de François Hollande".

Citant l'anthropologue Françoise Héritier, présente à Reims, elle a ajouté : "L'inégalité homme-femme, c'est la première des inégalités".

La journée a été marquée par la publication, dans Paris Match, d'un long article sur Valérie Trierweiler, qui fait sa "Une" sur le couple qu'elle forme avec François Hollande. La journaliste, qui travaille pour ce même hebdomadaire, a protesté sur son compte Twitter contre cet article sur lequel François Hollande a refusé de s'exprimer.

"Comme je ne suis pas quelqu'un qui parle de sa vie privée, je ne vous répondrai pas", a-t-il dit à la presse dans les rues de Reims. Cette 'Une', Valérie Trierweiler "n'en est pas elle-même responsable, elle l'a dit", a-t-il ajouté.

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