[scald=111729:sdl_editor_representation]par Elizabeth Pineau

RENNES (Reuters) - "Prêt à agir" dès son éventuelle arrivée à l'Elysée le 6 mai, François Hollande a détaillé mercredi soir à Rennes sa feuille de route pour la première année de présidence sans ménager ses coups de griffe contre Nicolas Sarkozy.

Pour ce deuxième meeting breton après Brest, quelque 15.000 personnes - 18.000 selon le PS - réparties dans deux salles du parc des expositions de Saint-Jacques de la Lande l'ont encouragé dans une ambiance festive, à 18 jours du premier tour.

"Nous devons être prêts dès la première heure de notre mandat (...) Nous sommes prêts, prêts à agir, prêts à décider, prêts à changer", a déclaré le candidat PS dans la perspective d'un possible quinquennat annoncé sous le triple signe de la cohérence, de la clarté et de la stabilité.

François Hollande a détaillé et expliqué les mesures qu'il compte prendre semaine après semaine dès son élection, en vertu d'un "agenda du changement" disponible depuis mercredi matin sur le site francoishollande.fr.

Une façon de couper l'herbe sous le pied de Nicolas Sarkozy, qui doit présenter jeudi son projet de candidat.

François Hollande a truffé son discours de diatribes contre le "candidat sortant de la droite, en fin de parcours".

"Son projet, c'est son bilan, en pire !", a moqué le député de Corrèze, déclenchant les rires d'une salle enthousiaste. "Il n'a pas changé de projet, c'est le même, il n'a pas changé de personnalité, je vous le confirme, il ne changera pas de comportement".

François Hollande a appelé la gauche à se "battre".

"Je vous appelle au combat, pas à l'indignation : je vous appelle à la victoire", a-t-il dit, mettant en garde contre le danger de l'abstention et de la dispersion entretenu selon lui par Nicolas Sarkozy quand il complimente le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon.

"Je me demandais s'il allait voter pour lui !", a-t-il plaisanté.

"NOUS NOUS RASSEMBLERONS TOUJOURS"

"Dans quel dessein fait-il autant d'hommages à Jean-Luc Mélenchon ?", a-t-il fait mine de se demander. "Il aime tellement la gauche qu'il la voudrait divisée, séparée. Il n'y parviendra pas parce que nous nous rassemblerons toujours pour gagner, pour la victoire".

Tout au long de son discours de près d'une heure et demie, le candidat PS a brocardé sur le ton de l'humour le "projet caché" du chef de l'Etat, qu'il dit muni d'une "ardoise magique" pour effacer son bilan et engagé dans un "tour de France des centrales nucléaires".

François Hollande a reçu à Rennes le soutien de l'ancienne candidate de 2007, Ségolène Royal, qui a lancé sur scène un "vibrant appel" en faveur du "seul qui peut l'emporter à gauche".

Les deux élus, qui ont eu quatre enfants ensemble avant de se séparer avant la dernière présidentielle, se sont brièvement montrés côte à côte sur scène avant la prise de parole du candidat.

Ségolène Royal "mena une campagne courageuse, audacieuse", a dit François Hollande.

"Elle est là pour montrer la continuité parce qu'aucun candidat ne part de rien, il est l'héritier d'une longue histoire", a-t-il ajouté, saluant en elle un "symbole de l'unité qui avait manqué en 2007 et qui est là, maintenant, puissant, irréversible".

La Bretagne a été le théâtre de moments clefs de la carrière politique de François Hollande, désigné premier secrétaire du Parti socialiste le 27 novembre 1997 à Brest. Et c'est à Lorient qu'il a prononcé son premier discours de futur candidat à la primaire socialiste, en juin 2009.

Mercredi soir, à Rennes, on pouvait reconnaître l'ancien Premier ministre Laurent Fabius, le député-maire de Nantes Jean-Marc Ayrault, le président de la région Bretagne Jean-Yves Le Drian, la députée du Finistère Marylise Lebranchu, le maire de Rennes Daniel Delaveau et une grande partie de l'équipe de campagne de François Hollande.

Drapeaux français et bretons mêlés ont accueilli le groupe breton Tri Yann en préambule. "La France de Sarko, elle ne reviendra pas", a lancé le chanteur entre deux chansons.

Avec Pierre-Henri Allain, édité par Tangi Salaün

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