Selon une étude réalisée par Ipsos-Sopra Steria pour Radio France, France Télévisions et les chaînes parlementaires, comme au premier tour, c'est avant tout la peut de l'épidémie de Covid-19 qui a détourné les citoyens français des urnes : 43 % des abstentionnistes craignaient de tomber malade dans un bureau de vote.

Bureau de vote vide à Strasbourg, quelques jours avant le second tour du 28 juin 2020
Bureau de vote vide à Strasbourg, quelques jours avant le second tour du 28 juin 2020 © AFP / Abdesslam Mirdass / Hans Lucas

Les femmes et hommes politiques le craignaient, le résultat ne leur a pas donné tort : lors de ce second tour des municipales, plus de trois mois après le premier, l'abstention a de nouveau atteint des sommets. Au niveau national, ce sont 59 % des électeurs qui ne sont pas allés voter (contre 57,6 % le 15 mars dernier).

La peur du Covid-19 bien plus ancrée qu'avant le confinement

Dans ce sondage réalisé les 26 et 27 juin auprès de 3004 personnes inscrites sur les listes électorales et représentatives de la population âgée de 18 ans et plus, on constate que la longue période de confinement que nous avons vécue a bien ancré la peur du virus dans les esprits. Plus encore que lors du premier tour, avant le confinement donc. Ce dimanche, 43 % de ceux qui disaient ne pas vouloir voter citaient notamment la peur du virus parmi leurs raisons. Ils n'étaient que 39 % le 15 mars.

Les autres raisons sont plus classiques : l'idée que ces élections ne changeront rien à leur quotidien (pour 38 % des abstentionnistes), ou le fait de n'avoir été convaincu par aucun candidat (27 %). Il faut noter également que 27 % des abstentionnistes au premier tour estimaient que les résultats étaient connus d'avance dans leur commune, contre seulement 22 % au second tour. Une différence qui s'explique notamment par le nombre plus réduit de communes et donc d'électeurs concernés (puisque beaucoup ont élu leurs conseils municipaux dès le premier tour).

Plus on est inquiet, moins on va voter

L'inquiétude autour du coronavirus est donc bien la raison principale pour ne pas aller voter, cette fois encore. D'ailleurs, plus un électeur se dit inquiet par rapport à l'épidémie de Covid-19, plus il est susceptible de ne pas se rendre aux urnes.

Les électeurs de La France Insoumise se sont particulièrement abstenus

L'étude analyse aussi le profil politique des abstentionnistes de ce second tour. Ainsi, 68 % des électeurs se disant proches de La France Insoumise disaient ne pas vouloir voter, contre 47 % des électeurs de La République En Marche, de l'autre côté du spectre.

Le parti présidentiel est d'ailleurs le seul à avoir un taux de participation supérieur à 50 %.

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