Devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale, Michel Delpuech a critiqué des "dérives individuelles" qui, selon lui, ont mené à l’affaire Benalla. Le préfet de police de Paris assure ne pas avoir été informé de la présence du conseiller d’Emmanuel Macron à la manifestation du 1er mai.

Le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, interrogé par les députés sur l'affaire Benalla.
Le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, interrogé par les députés sur l'affaire Benalla. © Maxppp / Olivier Corsan

L’audition de Michel Delpuech était encore plus attendue depuis celle de Gérard Collomb, quelques heures avant lui, ce lundi 23 juillet. Le ministre de l’Intérieur avait alors esquivé plusieurs questions des députés et renvoyait les principales responsabilités des violences d’Alexandre Benalla à l’Elysée et à la préfecture de police. Michel Delpuech s’est donc défendu. Le préfet de police de Paris a nié tout manquement, estimant que "l’affaire avait été traitée par le niveau hiérarchique pertinent", à savoir l’Elysée. 

Une première rencontre avec Benalla il y a plus d’un an

Si Gérard Collomb affirme ne pas connaître Alexandre Benalla, Michel Delpuech, lui, se rappelle l’avoir rencontré quelques jours avant le second tour de l’élection présidentielle : "j'ignorais son nom, mais j'avais compris qu'il faisait partie du staff de la sécurité du candidat Macron. Je l'ai ensuite croisé à Paris lors des cérémonies du 8-Mai et du 14-Juillet. C’était un interlocuteur connu". Le préfet de police raconte avoir donc été surpris de le reconnaître au soir du 1er mai dans sa salle de commandement.

Ce n’est que lendemain, le 2 mai, que Michel Delpuech dit avoir été informé de l’affaire Benalla par un collaborateur du président de la République. Son service de communication trouvera ensuite la vidéo sur les réseaux sociaux.

Le préfet n’était pas au courant de la présence de Benalla le 1er mai

Michel Delpuech assure n'avoir "jamais été sollicité par qui que ce soit" pour accueillir Alexandre Benalla en tant qu’observateur des opérations de sécurisation de la manifestion du 1er mai. Des investigations internes ont donc été lancées pour savoir comment cela avait été rendu possible. Le préfet de police a également précisé que c’est la direction de l’ordre public et de la circulation qui a fourni à Benalla son casque de protection, mais "seulement le casque de protection". Concernant le brassard et la radio de police, pas d'explication de la part de Michel Delpuech.

L’Elysée sous pression

Après les réponses évasives de Gérard Collomb, Michel Delpuech s’est lui aussi dédouané de toute responsabilité.  "Dans un système hiérarchisé comme le nôtre, dit le préfet de police de Paris, on renvoie vers l'autorité qui a la responsabilité hiérarchique. Or, monsieur Benalla n'était pas sous mon autorité". Les regards des députés se tournent donc de plus en plus vers l’Elysée. Surtout après la bombe lâchée par le préfet qui dénonce un "copinage malsain" sans expliciter son propos. Certains élus réclament donc, encore plus fort, des réponses de la présidence de la République, voire d’Emmanuel Macron en personne.

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