Interrogé par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’affaire Benalla, le ministre de l’Intérieur s’est protégé en jurant par exemple ignorer la fonction de l’ex-chargé de mission de l’Elysée. Il renvoie les principales responsabilités à la présidence de la République et au préfet de police.

Audition de Gérard Collomb devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale (capture d'écran LCP).
Audition de Gérard Collomb devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale (capture d'écran LCP).

Deux heures et trente minutes de questions souvent restées sans réponse. Les caméras sont coupées, les micros fermés, la fin de séance est houleuse. Un parlementaire hurle même sa frustration avant la fin de la retransmission publique. Gérard Collomb vient d’esquiver plusieurs questions, destinées selon lui au préfet de police, Michel Delpuech.  

Par exemple, qui a invité Alexandre Benalla en tant qu’observateur des opérations de sécurisation de la manifestation du 1er mai ? Gérard Collomb jure qu’il « n’en sait rien » mais pense que « le préfet de police était au courant ». Il assure également ne pas avoir été mis au courant de l’autorisation de port d’arme délivrée à M. Benalla par arrêté préfectoral, et contre l’avis de ses services. Le locataire de la place Beauvau ne sait pas non plus « expliquer pourquoi et comment » l’ex-chargé de mission de l’Elysée a obtenu une Renault Talisman suréquipée comme les voitures de police ou de hauts-fonctionnaires.

Je croyais que c’était quelqu’un qui faisait partie des services de police. J’ignorais sa qualité de conseiller du président ».  

Devant les députés, Gérard Collomb a réaffirmé qu’il ne connaissait pas Alexandre Benalla personnellement. Il l’aurait seulement « croisé dans une campagne électorale » mais ne savait même pas son rôle exact auprès d’Emmanuel Macron. Le ministre de l’Intérieur l’aurait ensuite redécouvert le 2 mai, dans la vidéo qui le montre en train de frapper des manifestants. Il explique ne pas s’être « occupé du sujet » puisque « M. Benalla ne faisait pas partie de (son) autorité » et que le cabinet du président de la République et la préfecture de police disposaient eux aussi « de toutes les informations nécessaires pour agir ».  

La police des polices saisie trop tard ?

Gérard Collomb s’est pourtant ressaisi de l’affaire jeudi 19 juillet en demandant à son directeur de cabinet de saisir l’IGPN. L’article du Monde, paru la veille, apportait alors « des éléments nouveaux » selon le ministre de l’Intérieur. On y découvre Alexandre Benalla doté d’un brassard siglé police et d’une radio Acropol. Là non plus, Gérard Collomb « ne sait pas » qui a pu fournir ces équipements. 

Le ministre d’Etat assure par ailleurs n’avoir jamais évoqué le cas Benalla avec le président de la République, jusqu'à cette saisine de l'IGPN. Les deux hommes en auraient parlé pour la première fois ce week-end du 21 juillet, mais « le moins possible » selon Gérard Collomb.

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