Le juge Renaud Van Ruymbeke enquête sur des contrats attribués, sans appels d’offres, par France Télévisions à la société Bygmalion de Bastien Millot, à partir de 2008. Or, Bastien Millot a été jusqu’à cette date directeur-délégué à la stratégie auprès du PDG de France Télévisions (de 2005 à 2010), Patrick de Carolis, d’où des soupçons de favoritisme. Lors d’une confrontation orageuse, le 27 mai 2014, Patrick de Carolis et son ex-secrétaire général à France Télévisions, Camille Pascal (conseiller de Nicolas Sarkozy en 2011-2012), se sont mutuellement désignés comme responsables de la conclusion de ces contrats. « Je ne pensais pas qu’un agrégé d’histoire puisse à ce point prendre autant de liberté avec la vérité historique », lâche Patrick de Carolis. « Je ne peux pas souscrire à la fiction qui nous a été présentée par M. de Carolis », rétorque Camille Pascal. « Dire que j’ai donné l’ordre de travailler avec Bastien Millot et Bygmalion est faux et je le maintiens, assure Patrick de Carolis. Le secrétaire général à l’époque [Camille Pascal] avait la responsabilité de ces activités. Il en avait l’autorité et tous les moyens. (…) C’est trop facile d’avoir signé des contrats et d’ouvrir le parapluie pour dire qu’ils ont été signés sur ordre. » « Je vais reprendre une formule de Carolis restée célèbre, explique, de son côté, Camille Pascal : c’est faux, c’est injuste et c’est stupide. C’est faux parce qu’il y a bien eu une volonté initiale de Patrick de Carolis. C’est injuste parce que c’est me faire porter l’entière responsabilité d’une décision qui n’est pas la mienne alors que je n’ai fait que la mettre en œuvre. C’est stupide parce que personne ne peut croire que j’aurais suggéré à Patrick de Carolis la collaboration d’un de ses anciens collaborateurs… qu’il avait recruté avant même qu’il ne me recrute moi-même ! »

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