jean-françois copé sous pression
jean-françois copé sous pression © reuters

L'affaire Bygmalion, qui ébranle l'UMP, a pris ce lundi une nouvelle dimension judiciaire avec l'audition de trois députés, dont l'ancien ministre Pierre Lellouche qui a estimé que la question du maintien de Jean-François Copé était posée.

À l'issue de son audition à la mi-journée, comme témoin, par la police judiciaire de Nanterre (Hauts-de-Seine), le député "filloniste" de Paris, Pierre Lellouche, a annoncé avoir porté plainte pour "usurpation d'identité", "abus de confiance" ou "escroquerie".

Au lendemain de la charge de François Fillon, qui juge que l'"honneur" de sa famille politique "est mis en cause", des proches de l'ancien Premier ministre réclament ouvertement la tête du président de l'UMP, tel Bernard Debré pour qui "Copé doit partir avec une partie de son équipe".

Soupçons de malversations

"Je ne vois pas comment il va pouvoir rester à la tête de l'UMP", a dit pour sa part Lionel Tardy. Jean-François Copé, fragilisé par l'échec du parti d'opposition aux européennes face à un FN triomphant, a promis de faire toute la transparence mardi matin sur les soupçons de malversations financières visés par la justice, lors d'un bureau politique qui pourrait décider de son sort.

►►► ALLER PLUS LOIN | Bygmalion, la caisse noire de l'UMP ?

Le député-maire de Meaux a réaffirmé lundi sur BFM TV qu'il ne savait "rien du tout" de surfacturations présumées évaluées à quelque 20 millions d'euros au profit de la société de communication Bygmalion, fondée par deux de ses proches, lors de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012. Les faits ont été révélés par Le Point et Libération .

"Je faisais confiance par définition aux gens dont c'était le métier", a-t-il expliqué, répétant ne pas avoir été au fait de la gestion quotidienne du parti. "Je n'ai pas considéré que ma mission était de repasser derrière" les experts comptables et les commissaires aux comptes.

Copé va porter plainte contre "X"

Pour Pierre Lellouche, cet argumentaire est difficilement tenable. L'ancien secrétaire d'Etat aux Affaires européennes de Nicolas Sarkozy a découvert dans Libération que son nom était associé à une facture de 299.000 euros au profit de Bygmalion pour l'organisation d'une convention sur l'accès au crédit le 30 mai 2012 à laquelle il assure ne pas avoir participé.

►►► ALLER PLUS LOIN | Copé et l'affaire Bygmalion

Entendu en tant que témoin par la police judiciaire, Pierre Lellouche a dénoncé à sa sortie "une sorte de viol" :

Il y a des règles comptables, il y a des gens qui signent les bordereaux de commandes : soit ils ont été abusés, soit il y a des complicités. (...) On ne peut pas laisser l'UMP au rythme de la justice. La justice va enquêter, mais ça va prendre des mois (...) Il faut que le bureau politique du parti, nos collègues au groupe, prenions leurs responsabilités. Clairement, la direction de l'UMP doit changer, il faut assainir tout ça.

L'élu a décidé de porter plainte pour "usurpation d'identité", "escroquerie" si l'UMP est victime, "abus de confiance" si le parti est complice.

Le président de l'UMP, qui se réserve la possibilité de porter plainte contre "X" au nom du parti, n'envisage pas une démission. Son mandat expire théoriquement en novembre 2015. Au nombre des "initiatives" promises lors de la réunion du bureau politique, prévue à 8h30, Jean-François Copé pourrait évoquer l'instauration d'un comité de surveillance, une forme de tutelle, ou la réalisation d'un audit.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.