une nouvelle audition pour jérôme cahuzac devant la commission parlementaire
une nouvelle audition pour jérôme cahuzac devant la commission parlementaire © reuters

C'est Pierre Moscovici qui relance le doute de la commission parlementaire. Entendu cette semaine, le ministre de l'Economie a évoqué une réunion, début janvier, entre François Hollande, Jean-Marc Ayrault et Jérôme Cahuzac. Le fraudeur était-il donc associé aux investigations le concernant ?

Le ministre de l'Economie a relancé les interrogations sur les responsabilités de l'Etat en confirmant mardi la tenue d'une réunion en janvier dernier à l'Elysée en présence de l'ex-ministre du Budget.

Or, l'ancien ministre avait passé cet épisode sous silence lors de son audition le 26 juin.

Les explications de Benoit Collombat

En conséquence, des membres UMP de la commission ont réclamé une nouvelle audition de l'ex-ministre socialiste du Budget. Certains voudraient également obtenir l'audition du Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Dans son livre "Jérôme Cahuzac, les yeux dans les yeux", la journaliste du Point Charlotte Chaffanjon révèle que François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Pierre Moscovici et Jérôme Cahuzac lui-même s'étaient réunis à l'Elysée le 16 janvier après le conseil des ministres pour décider d'une demande d'entraide administrative avec la Suisse très controversée.

Soulignant que l'ex-ministre du Budget avait occulté sa présence à cette réunion, Georges Fenech (UMP) a estimé que la "muraille de Chine" que Pierre Moscovici disait avoir dressée autour de son collègue n'était plus "qu'un mur fissuré."

Georges Fenech, au micro de Marion Lagardère

François Hollande était "parfaitement informé"

D'autres membres de la commission voient dans l'existence de cette réunion à l'Elysée la confirmation que François Hollande était tout à fait informé de la gravité des soupçons pesant sur l'ex-ministre du Budget.

Sur France 2, ce matin, le président de la commission Charles de Courson a lancé cette accusation :

Nous avons les preuves que le président a été parfaitement informé.

Selon lui, dès le 15 décembre 2012, le secrétaire général de l'Elysée et le directeur adjoint du cabinet du président ont eu connaissance de l'enregistrement dans lequel on entend Jérome Cahuzac parler de son compte en Suisse.

Tous les deux, ils sont allés voir le président dans son bureau. (...) Donc, il le sait le 15 décembre.

Charles de Courson évoque aussi les liens intimes entre François Hollande et Edwy Plenel, directeur de Mediapart, qui a révélé l'affaire.

Je dis que le président, entre le 4 et le 18 décembre, a l'ensemble des informations lui permettant de se rendre compte que des preuves graves, selon lesquelles Jérôme Cahuzac détenait un compte en Suisse, existent.

Charles de Courson explique ses propos

Dans la foulée, le rapporteur PS Alain Claeys a rétorqué :

Aucun élément en possession de la commission ne peut justifier une telle affirmation.

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