François Hollande a fait part jeudi à France Inter de ses inquiétudes autour du rassemblement en soutien à François Fillon, rappelant que le débat électoral "n'autorise pas tout".

En marge d'un déplacement en Corse, François Hollande a confié ses inquiétudes quant au tournant pris par la campagne pour l'élection présidentielle.
En marge d'un déplacement en Corse, François Hollande a confié ses inquiétudes quant au tournant pris par la campagne pour l'élection présidentielle. © AFP / PASCAL POCHARD-CASABIANCA

A trois jours du rassemblement organisé à Paris par François Fillon (LR), François Hollande a tapé du poing sur la table jeudi. Pour le Président, il ne pouvait y avoir de manifestation qui "remette en cause les institutions, la justice". A France Inter, il confie regarder la situation de très près, une situation qui l'inquiète.

"Il y a un débat électoral, il doit se poursuivre pour l'élection présidentielle, mais il n'autorise pas tout" a-t-il souligné en marge d'un déplacement en Corse, où le chef de l'État était en visite pour saluer les progrès effectués depuis cinq ans.

"Rien" n'est audible, hormis les affaires

Le Président, qui se dit "attristé", "meurtri", déplore que rien ne soit audible pendant cette campagne, hormis les affaires : "La campagne ne peut pas se déployer. L'affaire pénalise les enjeux mêmes de la campagne et nuit au débat public."

"L’obstination de Fillon, dit-il, finit par perturber le cours de l’élection présidentielle." Pour François Hollande, les révélations autour des soupçons d'emploi fictifs qui planent au-dessus du candidat LR ont "atteint sa réputation".

Pas de trouble à l'ordre public

Mais ce n’est pourtant pas son rôle de se prononcer pour ou contre le maintien de tel ou tel candidat. Lui, le chef de l’État, monte au créneau s’il sent que les institutions sont en danger. Et à ses yeux, elle le sont, avec la goutte d'eau : les attaques contre les juges.

En revanche, pas question pour François Hollande d’interdire la manifestation de dimanche. "Il n’y aura pas de trouble à l’ordre public, mais ce sera plus un trouble à l’esprit public", lâche-t-il.

"Dans sa tête, [François Fillon] considère qu'il a une légitimité populaire, mais les militants ont voté à la primaire pour un homme prétendument intègre" souligne-t-il encore.

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"Les gens ont des regrets"

Cette affaire porte selon lui ombrage à l’image de la France. A l'étranger, certains de ses homologues s'en sont émus, à l'image d'Angela Merkel. La Chancelière allemande regarde avec inquiétude la poussée du Front national. Inquiétude partagée par le président français qui craint "que de plus en plus d'électeurs de droite ne se tournent vers Marine Le Pen".

François Hollande a même en tête un argumentaire anti- FN : avec une sortie de l'Europe, comme le souhaite le Front national, "la dette explosera de 15%, les agriculteurs n'auront plus le droit à la PAC..." Voilà qui aurait pu être un parfait programme de riposte pour un candidat, si François Hollande n’avait pas renoncé.

D’ailleurs, a-t-il des regrets d’avoir renoncé ? Là Il sourit et répond avec malice : "Les gens, oui, ont des regrets."

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