On assiste à un bras de fer judiciaire, depuis plusieurs années, entre différents membres de la famille Lambert, au sujet de l'arrêt des soins prodigués à cet ancien infirmier psychiatrique victime d'un accident de la route en 2008. Un arrêt des soins qui exacerbe aussi le débat public.

A quelques jours du scrutin européen, en pleine campagne électorale, la classe politique s'est saisie lundi de l'affaire Vincent Lambert
A quelques jours du scrutin européen, en pleine campagne électorale, la classe politique s'est saisie lundi de l'affaire Vincent Lambert © AFP / Christophe ARCHAMBAULT

À quelques jours du scrutin européen, en pleine campagne électorale, la classe politique s'est saisie dès lundi de l'affaire Vincent Lambert. 

Emmanuel Macron : "Je suis profondément touché"

Le président de la République s'est exprimé dans un message posté sur facebook,"Je suis profondément touché [...] Derrière les déchirements, j'entends une angoisse : celle qu’en France, on puisse décider de manière arbitraire de la mort d'un citoyen. C'est précisément parce que ce n’est pas le cas, parce qu'il n'y a pas, dans notre pays, de place pour l’arbitraire, que je n'ai pas à m’immiscer dans la décision de soin et de droit qui a été prise dans le cas de Vincent Lambert."

François-Xavier Bellamy : "Il n'y a aucune vie indigne d'être vécue"

"Il n'y a aucune vie indigne d'être vécue", a expliqué ce lundi sur France inter la tête de liste LR aux européennes François-Xavier Bellamy. Ce qui se joue aujourd'hui, c'est le regard que nous portons sur la dépendance. C'est pas une affaire sur laquelle on devrait s'exprimer à partir de convictions religieuses [...] c'est un débat d'une incroyable complexité", a ajouté le candidat.

Marine Le Pen : "Une décision qui condamne à mort"

"Au delà de Vincent Lambert, le questionnement il est sur l'euthanasie. [...] C'est une décision de justice qui condamne en réalité à la mort [...] alors même qu'on n'est pas dans le cas d'un acharnement thérapeutique", a assuré sur France Info la présidente du Rassemblement national. 

Nathalie Loiseau : "Macron ne peut pas aller à l’encontre de la justice"

Emmanuel Macron ne peut "pas aller à l'encontre de décisions de justice. Il peut simplement donner sa grâce à un condamné, ce qui est très différent de ce que les parents de Vincent Lambert demandent", a répondu dès dimanche la tête de liste de la majorité. 

Jordan Bardella : "Dans quelle mesure un juge peut décider si un homme doit vivre ou pas"

"Dans quelle mesure un juge peut décider si un homme doit vivre ou pas ? Une décision qui viserait à couper les soins m'apparaît choquante et brutale", a expliqué le tête de liste du Rassemblement National (RN) sur l'antenne de France Inter. "Vincent Lambert ne subit pas un acharnement thérapeutique", a ajouté le candidat aux élections européennes. 

Nicolas Dupont-Aignan : "Certains font de Vincent Lambert un étendard"

La tête de liste de Debout La France (DLF) s'est dit "choqué que certains militants favorables à l'euthanasie fassent de Vincent Lambert un étendard" "Vincent Lambert symbolise pour moi la précipitation d’une société à vouloir donner la mort", explique-t-il dans le journal Famille Chrétienne. 

Raphaël Glucksmann : "Faire confiance aux médecins"

"Je pense qu'il faut faire confiance aux médecins, il faut faire confiance à la justice de notre pays, il faut faire confiance aux institutions européennes", a estimé de son côté la tête de liste PS-Place publique, invité de CNews.

Manon Aubry : "les limites de la loi actuelle"

Même son de cloche pour la tête de liste de La France insoumise qui s'est aussi rangée derrière ces décisions de justice. Pour la tête de liste de La France insoumise, la (LFI), le cas de Vincent Lambert "montre aussi les limites de la loi actuelle".  "Je pense qu'il faut aller plus loin, a déclaré la candidate sur France 2, évoquant le cas de la Belgique et du Luxembourg"qui ont constitutionnalisé le droit à une fin de vie digne."

Benoît Hamon : "Se pencher sobrement et sérieusement sur la fin de vie"

Pour la tête de liste Génération.s il faut légiférer sur la fin de vie. "L’arrêt des soins administrés à Vincent Lambert repose la question de la fin de vie dans la dignité. Je réitère ma proposition que soit autorisé et encadré le suicide assisté pour ceux qui ne veulent pas achever leur vie, prisonniers d’un corps et/ou d’une lucidité dégradés", a expliqué Benoît Hamon sur Twitter. 

Daniel Cohn-Bendit : "Quelqu'un qui est marié n'appartient plus à ses parents"

"Quelqu'un qui est marié n'appartient plus à ses parents. Une personne adulte, quand elle est mariée, appartient à la famille qu'elle a créée. C'est à sa femme de parler" a pour sa part expliqué le soutien de la liste LREM. 

Yannick Jadot : "la décision revient au conjoint"

La tête de liste EELV a évoqué la loi belge qui prévoit que la décision revient au conjoint, puis aux enfants adultes s'il y en a et pour finir aux parents, en cas d'absence de directives anticipées.  

Gabriel Attal : "Très mal à l'aise face à cette affaire"

Le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse s'est dit "très mal à l'aise face à cette affaire politique qu'on tire à partir d'un cas particulier, d'une affaire familiale qui est extrêmement douloureuse et difficile." 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.