L'ancien ministre RPR de Jacques Chirac est décédé vendredi à l'âge de 75 ans. Père d'un projet de réforme de l'université en 1986, il avait été contraint de démissionner suite à une forte contestation étudiante qui avait abouti à la mort de Malik Oussekine et à l'abandon du texte.

Alain Devaquet en novembre 1986
Alain Devaquet en novembre 1986 © AFP / PHILIPPE BOUCHON

La compagne de l'ex-ministre Alain Devaquet a annoncé ce dimanche le décès de l'ancien membre du gouvernement Chirac. Âgé de 75 ans, Alain Devaquet se trouvait à l'hôpital Gustave-Roussy de Villejuif, dans le Val-de-Marne, où il était soigné des suites d'un cancer.

Devaquet est un patronyme indissociable de la contestation étudiante de fin 1986 contre le projet de réforme des universités qui portait son nom.

Favorable à la sélection à l'université

Ministre délégué de la Recherche et de l'Enseignement supérieur dans le gouvernement de cohabitation de Jacques Chirac, Alain Devaquet dévoile en juin 1986 un projet de loi prévoyant d'accorder aux universités davantage d'autonomie. Présenté au Parlement en octobre 1986, ce projet prévoit de modifier de façon importante la structure des universités et de leur accorder une autonomie élargie. Le projet précise en particulier qu'il "est indispensable que, dans le cadre de leur autonomie, les établissements publics d'enseignement supérieur puissent déterminer eux-mêmes leurs conditions d'accès". 

Le texte est très mal accueilli par les étudiants qui se mobilisent rapidement contre la perspective d'une sélection à l'entrée des universités.   "Devaquet si tu savais...", une chanson détournée, devient le cri de ralliement des étudiants qui organisent les plus importantes manifestations depuis 1968.

Un jeune étudiant matraqué à mort pendant les manifestations

Le 4 décembre, un million d'étudiants et lycéens selon les organisateurs, 200 000 selon la police, manifestent à Paris. Le 5 décembre, en marge d'une nouvelle manifestation au Quartier latin, un jeune étudiant d'origine algérienne, Malik Oussekine, est matraqué à mort par des policiers voltigeurs dans le hall d'un immeuble où il tentait de se réfugier.

Le lendemain, Alain Devaquet présente sa démission à Jacques Chirac. Son projet de réforme est retiré le 8 mars 1987. 

"Je ne suis pas parti à cause de la mort de Malik Oussekine", confiera-t-il quelques mois après. Mais, "les violences qui se sont déroulées au cours de ces journées m'ont semblé tout à fait irréconciliables avec l'idée que je me faisais de ma mission universitaire, que je la vive à côté des étudiants ou dans le monde politique".

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