Alors que quatorze partis politiques ont lancé un appel contre l'antisémitisme et invité à se réunir partout en France mardi, des insultes antisémites ont été proférées contre le philosophe ce samedi, en marge de la manifestation des "gilets jaunes".

Des insultes antisémites proférées contre Alain Finkielkraut en marge d'une manifestation de "gilets jaunes"
Des insultes antisémites proférées contre Alain Finkielkraut en marge d'une manifestation de "gilets jaunes" © capture d'écran Yahoo actualité

La vidéo de Yahoo actualité montre un groupe de "gilets jaunes" qui croisent Alain Finkielkraut boulevard du Montparnasse. Plusieurs hommes l'injurient et tiennent des propos antisémites. Le philosophe ne dit rien et s'éloigne alors qu'il est accusé d'être "venu là pour provoquer".

Sur une seconde vidéo tournée par un vidéaste, on peut voir les forces de l'ordre s'interposer pour protéger le philosophe.

J'ai ressenti une haine absolue

Joint par le JDD, Alain Finkielkraut a expliqué qu'il aurait eu peur si les forces de l'ordre n'avaient pas été présentes. Le philosophe a confié à l’hebdomadaire "J'ai ressenti une haine absolue, et malheureusement, ce n'est pas la première fois".

L'arrogance a changé de camp

Le philosophe avait au départ exprimé de la sympathie pour le mouvement des "gilets jaunes" avant de marquer sa déception en constatant  la tournure violente que prennent les manifestations et l"'arrogance" dont selon lui dont font montre les têtes pensantes du mouvement : "Les différents leaders de cette révolte protéiforme ont été accueillis à bras ouverts sur tous les plateaux de télévision. Ils sont devenus les stars du petit écran. Cette promotion leur est montée à la tête et l'arrogance a changé de camp" a-t-il confié au Figaro vendredi.

Le monde politique réagit avec force 

Le chef de l'État a appelé Alain Finkielkraut pour lui témoigner son soutien. Emmanuel Macron a également dénoncé ces insultes dans deux tweets : 

"Un déferlement de haine à l'état pur que seule l'intervention de la police a interrompu", a réagi le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, sur Twitter qui précisé qu'il s'est entretenu avec Alain Finkielkraut pour lui exprimer son "soutien absolu". 

Plusieurs membres du gouvernement et des responsables politiques ont également condamné fermement ces faits. 

On a appris ce dimanche l'ouverture, par le parquet de Paris, d'une enquête du chef d'injure en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion, par parole, écrit, image, ou moyen de communication au public par voie électronique. L'enquête a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).                      

La Licra annonce également son intention de saisir la justice.

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