Voici la carte des alliances dans les plus grandes villes de France. Une chose parait claire : à part au Havre, le parti présidentiel n'est pas en mesure de remporter une ville seul. Il a essentiellement noué des alliances avec la droite pour pouvoir obtenir des élus.

Pour les alliances, la balance penche plus à droite avec 76 accords conclus, contre 33 à gauche sur toute la France.
Pour les alliances, la balance penche plus à droite avec 76 accords conclus, contre 33 à gauche sur toute la France. © Maxppp / Pierrick DELOBELLE

À gauche, à droite... Mais dans quelle direction va La République en marche ? Difficile d'y voir clair dans les alliances scellées pour le second tour des élections municipales, qui doit se tenir le 28 juin dans 5 000 communes françaises, dont les principales grandes villes du pays. D'après le parti présidentiel, questionné par Libération, sur les près de 300 candidats investis ou soutenus par LaREM, 125 listes  autonomes ou alliées avec le centre sont encore présentes au second tour et pour le reste, la balance penche plus à droite avec 76 alliances conclues, contre 33 à gauche et 54 candidats qui se sont tout simplement retirées.  

Pour comprendre ces mécanismes du second tour, il faut avoir en tête certains rapports de force que nous détaillions dans un précédent article mais aussi la règle fixée par le code électoral. Une liste peut se maintenir au second tour à condition d'avoir obtenu au moins 10 % des suffrages exprimés, indique le site du ministère de l'Intérieur. Si elle obtient au moins 5 % mais ne se présente pas au second tour (soit parce le score du premier tour est sous la barre des 10 %, soit qu'elle ne le souhaite pas même) peut présenter certains de ses candidats sur une liste qui se maintient.

La carte des alliances dans les grandes villes

Cette carte, non exhaustive, s'intéresse aux 30 villes de France les plus peuplées. Elle n'affiche pas les villes ayant déjà élu leur conseil municipal, celles où LaREM n'avait pas pu présenter de candidats ou bien celles où les listes du parti présidentiel ont fait un trop faible score. 

Globalement, La République en marche ne semble jamais en position de l'emporter lorsqu'elle part seule pour le second tour (Paris, Marseille, Nantes, Lille, ou bien Grenoble), excepté peut-être au Havre où Édouard Philippe est arrivé en tête en mars.  À Montpellier ou Dijon, les listes En Marche n'ont pas pu se maintenir et n'ont soutenu aucune autre candidature. 

Si des alliances avaient déjà été nouées avec la droite à Annecy, Toulouse ou Nice, le mouvement s'est poursuivi dans les négociations pour le second tour: les candidats de Strasbourg, Bordeaux, Lyon, Clermont-Ferrand et Tours s'associent avec les listes LR. 

Comme l'explique Le Parisien, les alliances avec la gauche sont plus difficiles à nouer "car les écolos, les socialistes, ne veulent pas de nous", confie un cadre du parti au quotidien. Parmi les grandes villes de France Nîmes fait donc figure d'exception avec une alliance entre la liste LaREM et celle de l'union de la gauche et des écologistes. 

D'ailleurs, le soutien du parti a été retiré à huit candidatures, à Lyon et Clermont-Ferrand notamment. Gérard Collomb, pourtant marcheur de la première heure, a fini par signer une alliance de la dernière chance avec la droite de Wauquiez pour la ville et la métropole.  Si à Lyon et Clermont, les candidats ont été désinvestis, ce n'est pas le cas à Bordeaux ou Strasbourg... cinquante nuances de droite ? 

Enfin à  Perpignan, le marcheur Romain Grau s'est retiré, comme la candidate écologiste, au profit du maire sortant Jean-Marc Pujol qui va affronter en duel le RN Louis Aliot.

La légende de la carte

  • avec le pictogramme bleu - les villes où une alliance avait été nouée dès le premier tour ; 
  • avec le pictogramme jaune - les villes où LaREM part en solo ou n'a pas pu nouer d'alliance ou peut l'emporter ;
  • avec le pictogramme jaune et bleu - les villes où LaREM a fait alliance avec la droite au second tour ;
  • avec le pictogramme jaune et rouge - la ville où une alliance a été nouée avec la gauche ;
  • avec le pictogramme gris - un désistement comme c'est le cas à Perpignan face au Rassemblement national ; 
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