Battu, le Front national récolte un record de voix pour une élection présidentielle. Pour capitaliser sur ce score électoral, Marine Le Pen veut recomposer en profondeur le FN.

Dimanche soir, la présidente du Front national a salué "un résultat historique et massif" et veut faire du FN "la première force d’opposition".
Dimanche soir, la présidente du Front national a salué "un résultat historique et massif" et veut faire du FN "la première force d’opposition". © AFP / Bertrand Guay

Une défaite, mais dix millions de voix. Le score du Front national au second tour de l'élection présidentielle permet au FN de Marine Le Pen d'espérer un nombre important de députés à l'Assemblée après les élections législatives de juin prochain.

Dimanche soir, suite à l'annonce des résultats, Marine Le Pen a salué ses électeurs grâce à qui le FN a obtenu "un résultat historique et massif". La candidate battue s'est immédiatement tournée vers les législatives, plaçant son parti comme "la première forme d'opposition".

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Alliances et nouveau nom

Mais pour espérer peser dans l'hémicycle, le FN doit constituer un groupe parlementaire - soit 35 députés, au moins. Pour ce faire, le FN qui est arrivé en tête dans deux départements seulement au second tour de la présidentielle, doit ajuster le tir, en renforçant les alliances, d'une part, mais aussi en continuant de travailler son image.

Les alliances, à commencer par celle nouvellement créée avec Nicolas Dupont-Aignan en vue des élections de juin prochain. Le président de Debout la France promet qu'il sera "combatif, notamment aux législatives" et affirme être "dans l'opposition pour une autre politique".

Mais d'autres au FN voient plus loin. Le maire de Béziers, Robert Ménard, a déploré sur RTL la construction tardive d'une alliance entre les deux tours de l'élection présidentielle : "On ne peut pas gagner seul une élection en Francede ce type-là. Il faut des alliances, et les alliances il ne faut pas les faire une semaine avant le second tour mais longtemps à l’avance." Pour les législatives, le maire de Béziers estime donc les alliances essentielles au succès du FN : "Si le Front National ne sait pas tisser des alliances très rapidement, ça pourrait être une très mauvaise nouvelle au niveau des législatives."

Au-delà des alliances politiques, Marine Le Pen veut continuer à réhausser l'image du parti. Juste après 20h, dimanche soir, elle promettait de proposer "d’engager une transformation profonde de notre mouvement afin de constituer une nouvelle force politique que de nombreux Français appellent de leurs vœux". En écho, le numéro 2 du FN, Floriant Philippot a jugé sur TF1 que son parti, qui "va évoluer et se transformer" doit également changer de nom.

La difficulté va surtout se situer en interne. Changer le nom du parti ? Reconstruire le FN ? Ce sont des questions qui seront débattues en interne, balaie Jean-Marie Le Pen, le fondateur du Front national, qui renvoie tout changement "au congrès du parti" : "Ça ne dépend ni de Marine Le Pen, ni de Florian Philippot, qui devrait être discret compte tenu de l’échec de ce soir. Florian Philippot ne peut pas faire le fier, ni proposer un changement de nom. Il doit se rappeler qu’il n’est qu’un hôte dans cette maison."

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