Après le premier tour des élections départementales et régionales, la déconvenue est sévère pour les élus de La République en Marche. Qu'est-ce qui n'a pas marché ? Qu'est-ce que le parti devrait changer ? Pour les députés du parti présidentiel, la liste des griefs est longue...

Un isoloir vide dans la commune de Seyssins, près de Grenoble
Un isoloir vide dans la commune de Seyssins, près de Grenoble © AFP / Maxime Gruss / Hans Lucas

"C'est un naufrage !" Difficile d'être plus explicite pour ce député macroniste qui préfère rester discret. Mais il s'interroge : "Comment la majorité présidentielle a pu enregistrer dimanche des résultats plus mauvais encore qu'aux dernières élections municipales ?" Pour le député de la Moselle, Ludovic Mendès, les raisons de cette déroute sont simples. D'abord, il ne fallait pas nationaliser le scrutin régional en poussant quinze ministres dans la bataille et, ensuite, surtout les accords d'appareils - en PACA notamment -, qui ont marqué le début de la campagne, ne correspondent pas à l'ADN du parti présidentiel.

"Pour des élections locales, il faut savoir mobiliser" 

Cinq ans après sa création, le parti d'Emmanuel Macron n'a toujours pas réussi son implantation locale. Pourquoi ? Un cadre du mouvement n'hésite pas à avancer des explications qui font mal : "Nous ne formons pas nos candidats. Nous n'avons aucune doctrine locale. Et aucune stratégie politique claire." En coulisses, plusieurs députés reconnaissent que ce qui leur manque "ce sont les méthodes de l'ancien monde". Un comble ! 

Mais à qui la faute ? À Stanislas Guerini, le directeur général du parti ? Rares sont ceux qui l'accusent de remplir une tâche qui leur semble de toute façon ingrate. "Je ne suis pas sûr que d'autres auraient fait mieux que lui", estime un ancien référent local. La faute au président alors ? Quelques élus de la majorité auraient effectivement aimé qu'il soit "un peu plus investi dans son parti"

"Ce qui nous fait du mal, ce sont les alliances à géométrie variable" (Le député de l'Isère Jean-Charles Colas-Roy)

Après les élections municipales l'an dernier et régionales cette année, certains députés semblent aujourd'hui démotivés : "On ne peut pas continuer à danser sur un astre mort. Il ne se passe rien dans ce parti. Rien !" Ce candidat au scrutin départemental ose même aller plus loin. Il estime désormais que La République en Marche arrivée à la croisée des chemin : "Soit on est capable de recréer quelque-chose dans une perspective de 10 ans, soit le macronisme restera définitivement une parenthèse." Les dés sont jetés.