La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini
La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini © MaxPPP

Quatre jours après les attentats de Paris, l'Union européenne a voulu démontrer sa solidarité avec la France, en apportant un soutien "unanime" à sa demande d'assistance militaire, et en lui laissant entrevoir de la bienveillance face à de nouveaux dérapages budgétaires.

Le président de la République avait lancé aux pays européens un appel solennel devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles. En invoquant, pour la première fois de l’histoire de l’Union européenne la clause de solidarité des traités.

C’est la première fois que l’article 222 du TFUE est invoqué

Soutien « unanime » de l’UE, par la voix de « tous les états membres », répond ce mardi la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, après une réunion entre ministres de la Défense des 28 à Bruxelles. Pour le moment, aucune décision formelle n’a encore été adoptée, mais tous les Etats de l'UE ont accepté le recours de la France à un article des traités jamais encore utilisé, l’article 222 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, prévoyant une assistance des autres pays si l'un des 28 est victime d'une agression. Paris ne demande pas une assistance militaire d'autres pays sur son territoire, a précisé son entourage, mais veut pouvoir compter sur davantage d'aide contre Daech en Syrie et en Irak, et "partager le fardeau militaire" sur d'autres théâtres d'intervention.

Pas de blanc-seing de Bruxelles pour autant

Paris avait également adressé un appel à la solidarité européenne sur un autre terrain, budgétaire cette fois. Il a été accueilli mardi avec bienveillance à Bruxelles, qui n'a toutefois pas délivré de blanc-seing. Les engagements budgétaires européens de la France "seront forcément dépassés, nous devons l'assumer et l'Europe doit le comprendre", a lancé mardi le Premier ministre français Manuel Valls. Pas question, donc, de focaliser sur l'objectif d'un retour à moins de 3% de déficit public en 2017, alors que François Hollande a annoncé la création prochaine de 8.500 postes dans les forces de l'ordre et la justice, et annulé quelque 9.200 suppressions de postes de militaires prévues entre 2017 et 2019. De nouvelles dépenses sont aussi prévues pour renforcer les moyens concrets des forces de l'ordre (véhicules, armes...), après les attentats sans précédent qui ont coûté la vie à 129 personnes vendredi à Paris.

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