Le député LR Claude Goasguen est décédé des suites du coronavirus, ce jeudi, à l'âge de 75 ans. Engagé dans la campagne municipale à Paris aux côtés de Rachida Dati, l'ancien ministre du gouvernement Juppé était aussi une figure de la droite, qu'il voulait "décomplexée"

Claude Goasguen en 2018 à l'Assemblée nationale
Claude Goasguen en 2018 à l'Assemblée nationale © AFP / Thomas SAMSON

C'est une figure de la droite française qui a succombé à l'épidémie de coronavirus : Claude Goasguen, député pendant plus de 25 ans (dont 22 d'affilée depuis le 12 juin 1997), à l'UDF, l'UMP puis LR, est mort à 75 ans. Il y a quelques semaines, c'est une autre personnalité francilienne de la droite, Patrick Devedjian, qui succombait au Covid-19.

En réanimation pendant "22 jours" à cause du coronavirus, l'ancien maire du XVIe arrondissement de Paris "allait mieux" et "remarchait", mais il a connu par la suite des complications cardiaques et est décédé ce jeudi à 9H00 à l'hôpital Corentin-Celton d'Issy-Les-Moulineaux.

Claude Goasguen était devenu en novembre le conseiller politique de Rachida Dati dans la campagne des municipales à Paris, après avoir entretenu des relations tendues avec la candidate LR.

Né le 12 mars 1945 à Toulon, et fier de ses origines provinciales, il ne manquait pas de rappeler qu'il était venu à Paris pour un parcours universitaire "d'excellence". Cet avocat de profession a notamment été doyen de la Faculté de droit et sciences politiques de Paris XIII (de 1982 à 1986) et chargé de conférences à HEC, puis a globalement eu un parcours politique particulièrement bien rempli, et toujours très marqué à droite.

"Droite décomplexée"

Partisan de l'Algérie française, soutien d'un candidat d'extrême-droite en 1965, il reniera ensuite ces premiers engagements de jeunesse. Il avait été président de la Corpo d'Assas, syndicat étudiant proche d'Occident, mais avait démenti avoir appartenu au mouvement d'extrême droite, contrairement à Gérard Longuet, Alain Madelin ou Patrick Devedjian dont il était resté proche. Claude Goasguen fera ensuite son chemin dans les rangs de la droite (qu'il voulait "décomplexée") : d'abord derrière Valéry Giscard d'Estaing et l'UDF, puis à Démocratie libérale (après la scission avec la "Nouvelle UDF" menée par François Bayrou) et enfin à l'UMP et LR. François Bayrou qui resta malgré tout son ami, comme le témoigne ce message du président du MoDem quelques minutes après l'annonce de son décès.

Entre-temps, il devient député sous les couleurs de l'UDF en 1993, et siégeait à l'Assemblée quasiment sans discontinuité depuis cette date, suite au départ de Jacques Toubon au gouvernement (il était son suppléant). Il sera élu à ce poste en 1997, un mandat qu'il n'avait jamais quitté, lui sacrifiant même en 2017 la mairie du XVIe arrondissement, qu'il menait depuis 2008, suite à la nouvelle réglementation sur le cumul des mandats.

Dans ce rôle, il s'était notamment illustré en 2016 en se faisant le fer de lance de l'opposition virulente de certains habitants du très chic arrondissement parisien contre un centre pour SDF installé en lisière du Bois de Boulogne. Il avait comparé le projet à "Sangatte", en référence à l'ancien centre pour migrants de Calais, donnant un an plus tard son aval à l'ouverture d'un deuxième centre.

"Caractère bien trempé"

À l'annonce de son décès, les figures de son camp ont salué sa mémoire, comme ses adversaires dans la bataille municipale parisienne, mais aussi comme les partisans de la cause d'Israël,  -dont il était un fervent défenseur - , par exemple l'hommage du Grand Rabbin de France : 

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