L'affaire du salaire versé à l'épouse de François Fillon, sur fond de suspicion d'emploi fictif, remet en question l'emploi d'un proche par les élus. Une proposition inédite.

A l'Assemblée nationale, 5% des 2.000 collaborateurs sont des proches des élus (photo d'archive du couple Fillon)
A l'Assemblée nationale, 5% des 2.000 collaborateurs sont des proches des élus (photo d'archive du couple Fillon) © AFP / ROGERIO BARBOSA

François Fillon a pris jeudi soir la défense de sa compagne, assurant que le travail d'assistante parlementaire de Penelope Fillon était bien réel et qu'il comptait "porter plainte contre contre les journaux qui affirment" que sa femme "avait un emploi fictif". Mais cette "boule puante", en campagne présidentielle, transforme une polémique récurrente, faire travailler des membres de sa famille à l'Assemblée, en une proposition inédite d'interdiction de cet usage.

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Mercredi soir, les deux finalistes de la primaire à gauche ont plaidé, à l'instar de Benoît Hamon, pour qu'"à l'Assemblée nationale comme au Sénat, on interdise la possibilité d'employer un cousin, un enfant ou un conjoint" sans "tergiverser". Manuel Valls y voit une décision qui "s'impose".

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Cette idée ne figurait pas dans le programme des deux candidats, mais l'enquête ouverte sur l'épouse du candidat de la droite, François Fillon, soupçonnée d'emploi fictif, a changé la donne, à un moment où le monde politique affronte une forte défiance.

A l'Assemblée, 5% des collaborateurs sont des proches

Sur le papier, rien n'empêche un élu de recruter un proche. A l'Assemblée, 5% des quelque 2.000 collaborateurs sont dans ce cas, selon des données 2016 transmises à la presse par le spécialiste des dépenses de l'Etat, René Dosière (PS). Au Sénat, ce taux dépasse 6%.

La rémunération des proches est encadrée. Depuis les lois sur la transparence post-affaire Cahuzac, l'identité des collaborateurs est publiée dans les déclarations à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique de 2014. Certains n'occupent plus ces fonctions depuis.

Dans les couloirs de l'Assemblée, certains regrettaient que cette nouvelle polémique "rejaillisse sur l'ensemble des parlementaires". "On a instruit le même procès à Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale, à Jean-François Copé, Bruno le Maire...", glissait une élue de droite.

Il y a ceux qui reconnaissent employer un proche en assurant qu'il travaille, ceux qui affirment s'être "toujours gardés de succomber" à cette "solution de facilité".

"Avec 4 enfants et conjoint, j'aurais une petite entreprise familiale... Mais j'ai préféré donner leur chance à des jeunes, on ne se refait pas", a dit sur Twitter Chantal Guittet (PS).

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