La directrice générale du FMI Christine Lagarde a été reconnue coupable de négligences dans l’affaire Tapie, mais n'écope d'aucune peine.

Christine Lagarde, le 12 décembre dernier lors de son procès à la CJR
Christine Lagarde, le 12 décembre dernier lors de son procès à la CJR © AFP / Martin Bureau

Christine Lagarde n’ira pas en prison et ne paiera pas d’amende. Lundi pourtant, la Cour de justice de la République (CJR) l’a reconnue coupable de négligence dans sa gestion de l’arbitrage en faveur de Bernard Tapie face au Crédit Lyonnais, en 2008. Mais il l’a exemptée de peine, et sa condamnation ne figurera donc pas dans son casier judiciaire.

Concrètement, la CJR, seule instance capable de juger d’anciens ministres pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions, n’a rien trouvé à reprocher à Christine Lagarde sur le lancement, en 2007, d’une procédure d’arbitrage pour régler le conflit Tapie/Crédit Lyonnais. En revanche, il lui a reproché de ne pas avoir lancé de recours contre la décision arbitrale largement favorable à Bernard Tapie (obligeant le Crédit Lyonnais à lui payer 45 millions d’euros), en 2008.

Une réunion à venir au FMI

Quelles conséquences, donc, pour Christine Lagarde ? A priori, aucune pour l’instant. Aucune règle interne ne définit l’attitude que doit adopter le FMI en cas de condamnation de son directeur général. Christine Lagarde n’est pas immunisée, mais tant que le conseil d’administration du FMI ne la désavoue pas, elle peut en rester à la tête.

L’instance dirigeante du FMI, qui a toujours soutenu sa directrice générale, “devrait se réunir bientôt pour évaluer les plus récents développements”, selon le porte-parole du fonds, Gerry Rice. Cette réunion pourrait être convoquée par le doyen du conseil d’administration dès ce lundi.

Des successeurs potentiels ?

“Le conseil peut demander sa démission, ou Mme Lagarde peut la poser d’elle-même”, note le New York Times, tout en affirmant que cela est peu probable, vu que le Fonds lui a récemment renouvelé son soutien. Et ce malgré le fait que de nombreux pays émergents se plaignent du fait que le directeur général du FMI a toujours été nommé parmi les dirigeants européens (dont beaucoup de Français, quatre sur les six derniers).

Le quotidien britannique Daily Mail affirme de son côté qu’en cas d’exclusion surprise de Christine Lagarde, l’ancien ministre britannique des Finances, George Osborne, qui l’a soutenue à chacune de ses candidatures, pourrait être pressenti pour prendre sa succession. Alors que côté français plusieurs anciens soutiens de Nicolas Sarkozy affirmaient peu après sa défaite à la primairequ'ils le verraient bien prendre la tête du FMI.

Et en France ?

Après la condamnation de Christine Lagarde, le gouvernement a assuré qu’il maintenant “toute sa confiance” en Christine Lagarde à son poste de directrice générale du FMI. “Christine Lagarde exerce son mandat avec succès et le gouvernement maintient toute sa confiance en sa capacité à y exercer ses responsabilités”, affirme un communiqué de Bercy.

Mais tout le monde ne voit pas les choses du même oeil : pour le leader du MoDem François Bayrou, “ce qui évidemment est une interrogation et pose question, c'est que derrière il n'y ait aucune sanction et cela uniquement (...) parce que Mme Lagarde occupe des fonctions internationales”. Le candidat centriste à la présidentielle dénonce notamment le fait que la CJR soit composée de plus d’élus (six députés et six sénateurs) que de juges (trois magistrats).

Un poste maudit ?

Quel que soit l’avenir de Christine Lagarde à la tête du Fonds monétaire international, cette condamnation entretient la thèse d’un poste “maudit”. Comme elle, son prédécesseur Dominique Strauss-Kahn a eu des démêlés avec la justice (dans les fameuses affaires du Carlton et du Sofitel). Mais c’est aussi le cas du précédent dirigeant du fonds, l’Espagnol Rodrigo Rato, mis en examen dans plusieurs affaires judiciaires.

Retour sur l'affaire Tapie
Retour sur l'affaire Tapie © Visactu
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