Emmanuel Macron, Edouard Philippe et Jean-Yves le Drian se sont exprimés chacun de son coté au sujet de la cacophonie européenne autour de l'accueil des migrants sauvés par l'Aquarius au large des côtes libyennes.

L'ONG SOS Méditerranée embarque à bord de l'Aquarius des migrants sauvés de la noyade
L'ONG SOS Méditerranée embarque à bord de l'Aquarius des migrants sauvés de la noyade © Maxppp / Roberta Basile / IPA agency

Critiqué pour son silence à propos de l'Aquarius, Emmanuel Macron s'est exprimé pour la première fois sur le sujet en dénonçant ce mardi le "cynisme" et l'"irresponsabilité" de l'Italie mais des voix se sont élevées jusque dans les rangs de la majorité pour déplorer que la France n'ait pas proposé d'accueillir elle-même le bateau chargé de migrants.

Les 629 migrants secourus au large de la Libye par le navire humanitaire l'Aquarius vont finalement rejoindre l'Espagne à l'aide de deux bateaux italiens, une solution qui pourrait mettre un terme au bras de fer engagé ce week-end entre l'Italie et Malte.

A bord de l'Aquarius
A bord de l'Aquarius / Kenny Karpov / SOS Méditerranée

"Si un bateau avait la France pour rive la plus proche, il pourrait accoster" en France car "c'est le respect du droit international", a ajouté le président, qui a salué le courage de l'Espagne, selon son porte-parole Benjamin Griveaux. 

"La France prend sa part, mais ce qui est inacceptable, c'est le comportement et l'instrumentalisation politique qui en a été faite par le gouvernement italien", a-t-il ajouté. 

La France n'est "pas inerte", avait assuré auparavant Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État aux Affaires étrangères, en allusion à l'engagement "sur le théâtre libyen pour stabiliser la situation" et à l'accueil programmé de "10 000 personnes éligibles au droit d'asile" sur trois ans, dont 3 000 depuis le Tchad et le Niger, "pour leur éviter cette traversée de la mort".

il faut une gestion européenne du phénomène migratoire (Benjamin Griveaux)

Mais sur ce sujet sensible, aucun compromis ne se dessine, la réforme sur la table braquant le gouvernement populiste italien et plusieurs pays de l'Est.

Edouard Philippe prend des engagements

De son coté, le Premier ministre a assuré que la France était "prête à aider" l'Espagne pour "accueillir" des migrants.  

Nous sommes évidemment prêts à aider les autorités espagnoles pour accueillir et analyser la situation de ceux qui, sur ce bateau, pourraient vouloir bénéficier du statut de réfugié.

Devant l'Assemblée nationale, le Premier ministre s'est aussi dit "heureux" de la décision de l'Espagne d'ouvrir le port de Valence.  M. Philippe a en revanche "pointé le non-respect" par l'Italie de ses "obligations", selon lesquelles l'Etat le plus proche d'un bateau en détresse doit le secourir.

Jean-Yves Le Drian s'en prend à l'Italie

Le ministre des Affaires étrangères français demande à l'Italie de revenir sur son refus d'accueillir le navire pour éviter un long périple supplémentaire aux migrants qui s'y trouvent : 

Nous demandons solennellement aux autorités italiennes de revoir leur point de vue (...) et d'accueillir les réfugiés qui sont sur ce bateau.  

Les ONG réagissent

Pour certains, la France a été la grande absente dans cette histoire, en ne proposant pas d'ouvrir ses ports pour se substituer à l'Italie dans l'accueil des migrants.  

Pierre Henry, responsable de France Terre d'asile : 

Ne pas prendre ses responsabilités en de telles circonstances n'est pas une politique, c'est une défaite.

Multiples réactions des politiques 

Benoît Hamon a réagi sur Twitter : 

La députée de la France insoumise Clémentine Autain a déploré  :

De son coté, le communiste Ian Brossat, future tête de liste PCF aux élections européennes, dénonçait "le néant et l'irresponsabilité" de la politique migratoire. 

Des élus LREM se désolidarisent

Comme lors de l'examen au parlement de la loi asile-immigration, les doutes ont gagné jusqu'aux députés de la majorité : 

Qu'attendons nous pour agir ? (Sonia Krimi, LREM)

[Il faut] faire une exception et à accueillir les passagers de l'Aquarius. (Anne-Christine Lang, LREM)

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