Arnaud Montebourg a été le premier à déposer ses parrainages jeudi 1er décembre, dès l'ouverture des candidatures pour la primaire de la gauche. Portrait.

Arnaud Montebourg
Arnaud Montebourg © AFP / CHRISTOPHE ARCHAMBAULT

Premier candidat à la primaire de gauche à avoir déposé ses parrainages jeudi matin, dès l'ouverture de la période de dépôt des candidatures, l'ancien ministre Arnaud Montebourg promet la création d'une "banque d'encouragement au risque", une réforme en profondeur du Régime social des indépendants (RSI), un plan d'investissement public à hauteur de "20 milliards d'euros", le "rétablissement du service national obligatoire, civil, militaire, humanitaire" ou encore l'instauration d'un "micro-crédit universel".

Parmi les propositions du candidat Montebourg se retrouvent de nombreuses mesures qui avaient déjà fait son succès en 2011, lorsqu'il était arrivé troisième au premier tour de la primaire de la gauche pour l'investiture socialiste en vue de la Présidentielle 2012.

Une courte mais remarquée carrière d'avocat

Avocat à la Cour d'appel de Paris depuis 1990, après avoir raté l'ENA, Arnaud Montebourg s'est distingué dans plusieurs affaires très médiatisées, dont notamment, en 1993, la défense de Christian Didier, assassin de l'ancien chef de la police de Vichy, René Bousquet ou encore celle de Christine Villemin, la mère du petit Grégory Villemin, en 1995.

La même année, il s'oppose aussi à Alain Juppé en représentant l'association de défense des contribuables parisiens, dans l'affaire de l'appartement Juppé.

Des débuts politiques remarqués

A 54 ans, (il est né le 30 octobre 1962 dans la Nièvre), Arnaud Montebourg a déjà vingt ans d'expérience politique derrière lui. Son premier mandat date de 1997, avec une élection en tant que dépûté de Saône-et-Loire pour le groupe socialiste le 1er juin. Il est réélu député en 2002 et devient vice-président de la commission des lois pendant cinq ans.

En 2006, il envisage de se présenter à l'investiture socialiste mais renonce, faute d'obtenir les trente soutiens nécessaires et devient porte-parole de Ségolène Royal pendant sa campagne pour l'élection présidentielle 2007. Mais après une plaisanterie sur François Hollande - "Ségolène Royal n'a qu'un seul défaut. C'est son compagnon" - il présente sa démission en janvier 2007.

Lors des législatives 2007, il est réélu de justesse pour un troisième mandat et devient vice-président du groupe socialiste à l'Assemblée. En 2008, il s'attaque au Conseil général de Saône-et-Loire et en devient le président mais démissionne pour respecter la règle de non-cumul des mandats demandée par François Hollande.

Le jeune lion face aux éléphants

Opposé farouchement aux intouchables puissants, Arnaud Montebourg propose en 2001 de renvoyer Jacques Chirac, alors président de la République, devant la commission d'instruction de la Haute cour de Justice pour répondre des affaires de malversation, d'emplois fictifs de la mairie de Paris, du financement occulte du RPR, des HLM de Paris etc.) Il est coupé dans son élan par un refus du Premier ministre, Lionel Jospin, qui empêche la formation de cette commission.

En février 2006, il est le seul, avec Laurent Fabius, à exiger l'exclusion de Georges Frêche après ses propos qualifiants les Harkis de "sous-hommes". Une dérive qu'il impute à l'absence de contre-pouvoir et aux baronnies instaurées par la Ve République.

Après la défaite de Ségolène Royal face à Nicolas Sarkozy, au second tour de la Présidentielle 2007, Arnaud Montebourg se pose en leader du renouveau au sein du Parti socialiste avec cette déclaration, prononcée le soir des résultats : "Fini le temps des éléphants révolus et place aux jeunes lions".

Ministre en échec

A la victoire de François Hollande, en 2012, Arnaud Montebourg devient ministre du Redressement productif, peu ou prou semblable à l'Industrie. Après un vif combat pour sauver la sidérurgie lorraine, menacée par la décision d'Arcelor Mittal de fermer les hauts-fourneaux, il met en balance une nationalisation de la filière et sa démission. Sans succès.

Fervent partisan de la "démondialisation", Arnaud Montebourg s'oppose à plusieurs reprises à Emmanuel Macron jusqu'à déclarer sa désapprobation de la politique économique du gouvernement, le 25 août 2014 lors de la Fête de la rose de Frangy-en-Bresse. Ses propos incitent Manuel Valls à remettre la démission du gouvernement au président de la République. Lorsque Manuel Valls et François Hollande reforment un gouvernement, Arnaud Montebourg n'en fait plus partie.

Un détour par l'entreprise

Le politique qui avait promis un an plus tôt de ne plus prendre part à aucune élection, à l'exception de la Présidentielle, s'inscrit dans une école de commerce en octobre 2014. Après une courte formation en management avancé, il annonce son retrait de la vie politique le 30 décembre 2014 et devient, en mars 2015, vice-président du conseil de surveillance du groupe d'ameublement Habitat. A la même période, il est nommé pour siéger au comité d'orientation stratégique de Talan.

Une carrière dans le privée très courte, à mesure qu'il refait peu à peu surface dans la vie politique, jusqu'à annoncer sa candidature, officieusement d'abord lors d'un discours sur "un grand projet alternatif pour la France", prononcé le 16 mai 2016 en Bourgogne, à la suite duquel il fonde le micro-parti "Le projet France", puis officiellement le 21 août 2016.

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