[scald=23551:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - La candidate écologiste à l'élection présidentielle de 2012, Eva Joly, a dénoncé dimanche, dans les attaques de la droite sur le thème de sa binationalité franco-norvégienne, une "hypocrisie dangereuse".

Plusieurs dirigeants de droite, dont le Premier ministre François Fillon, ont déclaré que sa proposition de remplacer le traditionnel défilé militaire du 14 juillet par une parade citoyenne relevait d'une méconnaissance de la culture, des valeurs et des traditions françaises.

Certains ont même brandi à son propos le spectre de "l'anti-France", jadis agité par l'extrême-droite, dont l'actuel chef de file, Marine Le Pen, a mis en doute, pour cause de naturalisation trop récente selon elle, la légitimité d'Eva Joly à se présenter à l'élection présidentielle.

"Prétendre défendre la République en agitant le démon des origines est une hypocrisie dangereuse", a répliqué dimanche la candidate écologiste dans une interview diffusée par le site internet de l'hebdomadaire Le Point.

"De tels excès n'étonnent guère quand ils proviennent des habituels matamores de l'identité nationale", a ajouté l'ex-juge d'instruction. "Je ne permets pas que l'on mette en doute mon patriotisme. Je ne suis pas moins française que ceux qui me refusent le droit de m'exprimer."

Elle a estimé que, dans la bouche d'un Premier ministre, les attaques contre sa personne sur le thème de ses origines témoignaient de "la dégradation des termes du débat public et de la gangrène identitaire qui attaque le corps républicain".

Elle a également jugé indécent "l'instrumentalisation" par ses détracteurs de militaires français morts en Afghanistan.

"Je veux redire ici mon plus profond respect pour ceux qui risquent leur vie pour la France", a-t-elle ajouté. "Je ne suis pas antimilitariste. En me prononçant pour un défilé citoyen, j'ai voulu signifier que la célébration du 14 Juillet devait engager davantage l'ensemble de la communauté nationale."

Emmanuel Jarry

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