L'interview hier dans le JDD d'une policière municipale niçoise a ravivé la polémique entre le gouvernement et l'opposition sur le dispositif de sécurité le 14 juillet à Nice.

Bernard Cazeneuve et Christian Estrosi
Bernard Cazeneuve et Christian Estrosi © Reuters / .

Manuel Valls est monté à son tour au créneau ce matin pour défendre son ministre de l'Intérieur. Bernard Cazeneuve est accusé d'avoir travesti la vérité sur le dispositif de sécurité le soir de l'attentat à Nice le 14 juillet. Le premier ministre fustige une polémique "purement politique" visant "à déstabiliser le gouvernement".

Bernard Cazeneuve est un homme intègre, un homme d'Etat, un ministre de l'Intérieur formidable, a déclaré Manuel Valls sur BFMTV/RMC. Cette idée au fond que l'Etat ment, a quelque chose à cacher, alimente le doute, fracture l'Etat de droit.

François Hollande s'est lui aussi exprimé sur cette polémique, à l'occasion d'une visite auprès de militaires de l'opération Sentinelle à Vincennes:

C'est la justice qui doit établir la vérité et personne d'autre. Le Premier ministre Manuel Valls et le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve ont eu raison d'en appeler à la dignité, la responsabilité, tout en garantissant la transparence, affirme le chef de l'Etat.

Hier matin dans le Journal du dimanche, une policière municipale niçoise, Sandra Bertin, chef du service pilotant la vidéosurveillance, a accusé la Place Beauvau d'avoir fait pression pour modifier son rapport sur le dispositif de sécurité au soir de l'attentat. Le ministre de l'Intérieur a annoncé le dépôt d'une plainte pour "diffamation". Sur France 2 hier soir, Bernard Cazeneuve a dénoncé "une campagne de vilenies", promettant de "rendre coup pour coup".

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Bernard Cazeneuve au 20h de France 2

Par .

Sandra Bertin, elle, maintient ses accusations. Elle doit faire aujourd'hui un signalement au procureur de la République pour "faux en écriture publique", selon son avocat.

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Le témoignage de Sandra Bertin

Par Gaële Joly

Le gouvernement accuse Christian Estrosi d'être derrière les déclarations de la policière municipale

Manuel Valls comme Bernard Cazeneuve accusent l'ancien maire de Nice et actuel président LR de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur Christian Estrosi, qui, dès le soir des attentats, avait dénoncé l'insuffisance des moyens de police nationale, d'orchestrer une campagne de déstabilisation.

Christian Estrosi, qui est également l'adjoint à la sécurité de Nice, s'en est défendu ce matin sur Europe 1.

Nous n'instrumentalisons rien. Il faut que l'Etat cesse de faire obstruction à l'éclatement de la vérité, a martelé Christian Estrosi.

Sandra Bertin, une policière municipale pro-Estrosi

La chef du service de la vidéosurveillance de la police municipale niçoise est également responsable du Syndicat autonome de la fonction publique territoriale. Selon Le Parisien, elle a fermé ce matin ses comptes Twitter et Facebook. Des comptes sur lesquels elle affichait sa sympathie pour la politique de Christian Estrosi et se montrait très critique envers le gouvernement.

Par ailleurs, selon Europe 1, Sandra Bertin n'a pas adressé son rapport sur la vidéosurveillance lors de l'attentat du 14 juillet dernier à un membre du cabinet de Bernard Cazeneuve. Le courriel, envoyé le 15 juillet à 17h35, a en fait été transmis à une fonctionnaire de police travaillant à la direction centrale de la sécurité publique. Il s'agit d'un rapport permettant d'établir des notes internes et d'informer le patron de la police nationale. Ce qui serait la procédure classique de remontée d'information, notamment lors d'affaires liées au terrorisme.

Le ministre de l'Intérieur est accusé d'avoir menti sur le dispositif de sécurité du 14 juillet à Nice
Le ministre de l'Intérieur est accusé d'avoir menti sur le dispositif de sécurité du 14 juillet à Nice © Radio France / Visactu
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