Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve porte plainte en diffamation contre une policière municipale niçoise qui affirme avoir subi des pressions de la Place Beauvau.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve
Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve © Maxppp / Bruno SOUILLARD

Accusé par une policière municipale d'avoir fait pression pour modifier son rapport sur le dispositif de sécurité le 14 juillet à Nice, le ministère de l'Intérieur contre-attaque : Bernard Cazeneuve a annoncé ce dimanche midi le dépôt d'une plainte en diffamation et s'en prend de manière à peine voilée à la droite niçoise. Le ministre de l'Intérieur était l'invité du 20h de France 2. Il a dénoncé une "campagne de vilenies."

"J'ai la nausée et un profond dégoût. Cela fait 10 jours que nous sommes quasi quotidiennement confrontés à des attaques, des insinuations, des mensonges de la part de gens à Nice, qui pour certains, exercent des responsabilités politiques, déclare Bernard Cazeneuve."

La nouvelle accusation, dans une polémique qui n'en finit pas d'être relancée depuis l'attentat qui a fait 84 morts sur la promenade des Anglais le soir de la fête nationale, est venue de la chef du Centre de supervision urbain (CSU) de Nice, qui centralise les images des nombreuses caméras de vidéosurveillance.

La policière affirme avoir été "harcelée pendant une heure" par un émissaire de la Place Beauvau

Au lendemain de l'attaque au camion, "le cabinet du ministre de l'Intérieur a envoyé un commissaire au CSU qui m'a mise en ligne avec la Place Beauvau", raconte Sandra Bertin dans Le Journal du dimanche. Elle dit avoir "eu affaire à une personne pressée" lui demandant un compte-rendu du dispositif policier déployé ce soir-là "et de bien préciser que l'on voyait aussi la police nationale sur deux points. J'ai été harcelée pendant une heure, on m'a ordonné de taper des positions spécifiques de la police nationale que je n'ai pas vues à l'écran".

Le procureur de Paris François Molins affirme ce dimanche après-midi que c'est sous sa "seule autorité et pour les besoins de l'enquête en cours que le 15 juillet, deux brigadiers chefs ont été envoyés au CSU de Nice", dans le seul but "de parvenir à la manifestation de la vérité dans le cadre d'une enquête judiciaire".

Mais dans la soirée, la policière municipale a maintenu sa version des faits. Elle affirme à nouveau qu'un "commissaire de police" disant être envoyé par le ministère présent avec elle dans le centre de vidéosurveillance de la ville et une autre personne disant faire partie du cabinet du ministre, jointe par téléphone, lui avaient notamment demandé "de faire apparaître sur certains endroits des positions de la police nationale", et de rédiger un rapport "modifiable".

Depuis le 14 juillet, la polémique ne désenfle pas entre la droite niçoise et le gouvernement  

Bernard Cazeneuve accuse implicitement la droite niçoise de Christian Estrosi, ex-maire, actuel premier adjoint chargé de la sécurité et président de la région Paca, d'être derrière les déclarations de la policière municipale. "Les accusations indignes de ce jour s'inscrivent dans la suite des polémiques virulentes que certains élus de Nice ont souhaité entretenir puis alimenter chaque jour depuis le terrible attentat du 14 juillet", estime le ministre.

Une accusation fermement rejetée sur Twitter par Christian Estrosi :

Cette semaine, le ministre de l'Intérieur avait dû détailler les moyens mobilisés le 14 juillet à Nice après avoir été accusé par Christian Estrosi d'avoir menti sur le dispositif de sécurité.

Christian Estrosi n'était présent à aucune des réunions de préparation au feu d'artifice

On l'apprend aujourd'hui, le 1er adjoint au maire de Nice, chargé de la sécurité, n'a assisté à aucune des réunions préparatoires à l'événement. La mairie de Nice précise que Christian Estrosi était représenté à ces réunions par ses collaborateurs "les plus compétents".

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