Après l'hommage national au colonel Arnaud Beltrame mercredi, la mémoire des victimes du djihadiste Radouane Lakdim à Trèbes et à Carcassonne, est honorée ce jeudi dans l'Aude.

Un hommage a été rendu jeudi matin, à Trèbes, aux trois autres victimes de Radouane Lakdim.
Un hommage a été rendu jeudi matin, à Trèbes, aux trois autres victimes de Radouane Lakdim. © Maxppp / GUILLAUME HORCAJUELO

Distinctions militaires, officier de gendarmerie reconnu, le courage et le dévouement du colonel Arnaud Beltrame ont été salués mercredi lors d'une cérémonie d'hommage national à Paris. Ce jeudi, c'est dans l'Aude que se déroulent ses obsèques, tout comme celles des trois autres victimes du djihadiste Radouane Lakdim, trois anonymes tués dans le périple du terroriste, de Carcassonne à la prise d'otage du Super U de Trèbes.

Un viticulteur retraité "aimé de tous"

La première victime de Lakdim est un viticulteur retraité, Jean Mazières. Le sexagénaire a été tué sur le coup, au tout début du parcours du terroriste. Il était le passager de l'Opel Corsa blanche sur laquelle le djihadiste a ouvert le feu vers 10h sur un terrain boisé de Carcassonne, pour la voler. Le conducteur, de nationalité portugaise, est lui grièvement blessé.

Natif de la commune voisine de Villedubert, comme sa famille depuis quatre générations, Jean Mazières, marié, père d'un fils, était impliqué dans beaucoup d'associations et notamment au comité des fêtes. 

Ses obsèques se déroulent jeudi après-midi, dans l'église de son village de Villedubert, la ville où il résidait. Elles ont été précédées d'une cérémonie d'hommage à Trèbes où, devant les cercueils des victimes, Édouard Philippe, Gérard Collomb et Nicole Belloubet se sont recueillis, ainsi que les maires de Trèbes et de Villedubert, ce dernier étranglé par le chagrin.

"C'était quelqu'un de très jovial qui aimait la vie qui aimait faire la fête", a commenté Marc Rofes, maire de Villedubert, un village à 5 km de Trèbes. "On a perdu quelqu'un apprécié de tous. Ce n'est vraiment pas de chance, il était au mauvais endroit au mauvais moment, c'est un destin tragique", a-t-il ajouté.

Le chef boucher de Trèbes a-t-il voulu s'interposer ?

Au début de la prise d'otages dans le Super U de Trèbes, Christian Medves, le chef boucher du supermarché, a été tué d'une balle dans la tête, vers 11h15, selon un témoin et collègue, Jacky. Pourquoi ? Ses amis s'interrogent. "On ne sait pas encore ce qui s'est passé, mais connaissant Christian, je l'imagine bien avoir voulu s'interposer. C'était un bon mec, un mec courageux et digne", a raconté Franck Alberti, son ami depuis 45 ans, dans le quotidien l'Indépendant.

Christian Medves, marié, père de deux filles -Florie et Julie- venait à peine de fêter ses 50 ans et était déjà grand-père d'une petite-fille d'un an. C'était un bon vivant et un sportif accompli. Il aimait la vie, le vin, les fêtes qui, lorsqu'il les organisait, ne se terminaient jamais tôt.

La cérémonie pour Christian Medves aura lieu à 16h30 à l'église de Trèbes, où il vivait.

Un maçon attaché à la ville de Trèbes

À côté du chef boucher, se trouvait un client que le djihadiste a aussi abattu : Hervé Sosna, 65 ans, maçon à la retraite qui se rendait "dans ce magasin deux fois par semaine", a raconté son demi-frère William Durand, au quotidien régional la Dépêche du Midi. 

Cet habitant de Trèbes "avait de grandes capacités intellectuelles, lisait énormément, surtout des poèmes. Mais comme il n'avait jamais voulu quitter Trèbes, il s'était lancé dans le bâtiment", a témoigné M. Durand, qui voyait son frère "tous les jours". "Il n'avait rien demandé et on l'a tué comme ça", s'est-il désolé.

Les funérailles d'Hervé Sosna ont eu lieu jeudi à 10h en l'église Saint-Étienne de Trèbes.

Quant à celles du colonel Beltrame, elles seront célébrées à Ferrals, dans les Corbières, où il résidait, a indiqué le maire de la commune, Gérard Barthez.

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