Hommages devant la salle du Bataclan après les attentats
Hommages devant la salle du Bataclan après les attentats © Radio France / Olivier Bénis

Huit victimes des attentats face à 30 députés. La commission d'enquête parlementaire sur les "moyens mis en œuvre par l'Etat pour lutter contre le terrorisme" depuis les attentats de janvier 2015 a mené lundi ses premières auditions.

Les élus ont écouté avec beaucoup d’émotions les victimes ou les membres de leurs familles relater cette soirée du 13 novembre où des terroristes ont tué 130 personnes et en ont blessé des centaines d’autres. Toutes les personnes qui ont été entendues ont parlé d’un Etat partiellement déficient.

L'Etat était-il assez préparé, face à la menace ?

"Pas assez", ont dit en cœur les victimes ou proches de victimes qui ont témoigné hier face aux députés. Pour preuve, ils citent le manque de sécurité au Bataclan alors que des attentats avaient été annoncés contre des salles de concert. C'est le cas d' Alexis, rescapé du Bataclan , qui a "attendu la mort plus d'une heure dans la fosse"

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Comprendre, après le Bataclan

Parmi les autres dysfonctionnements : le numéro d’urgence mis en place le soir même des attaques, un numéro qui ne marchait pas ou qui donnait des informations en retard sur la réalité. Lles identifications tardives des personnes décédées par un Institut Médico-légal complètement dépassés, sont également dénoncées.

Si l'intervention policière au Bataclan est saluée, Caroline Langlade, une des ex-otages du Bataclan , a raconté qu'il lui avait fallu passer par sa mère à Nancy pour entrer en contact avec la police que Police Secours lui avait raccroché au nez car elle était obligée de chuchoter, les terroristes étant derrière la porte.

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Récit de l'une des otages

La jeune femme est maintenant la vice présidente de l'association "Life for Paris", une des associations née après les attentats.

Une autre rescapée, veut comprendre comment on a pu perdre de vue "des enfants de la République" devenus ces terroristes qu’elle a regardé dans les yeux.

Cette commission sera-t-elle utile ?

Les victimes, qui se plaignent également de ne pas avoir un interlocuteur régulier, savent que d’autres commissions ont eu lieu sans grande avancées mais veulent, que cette fois-ci, il y ait des résultats.

Emmanuel Domenach, vice-président de l'association "13 novembre, fraternité et vérité" était l'invité de Claire Servajean à 13h. Pour lui le "retour d'expérience" est indispensable, même si certaines choses sont difficiles à entendre

La commission, présidée par Georges Fenech (Les Républicains) se réunira à nouveau mercredi pour examiner les failles ou les négligences qui ont permis à des terroristes de pénétrer le territoire national pour certains, puis de lancer des attaques dans la capitale sans jamais éveiller les soupcons des services de renseignement. La commission aura jusqu’à juillet pour rendre ses conclusion. C'est la droite parlementaire qui voulu ces auditions et pour cela a fait valoir son droit à obtenir l'ouverture d'une enquête sur un sujet particulier, une fois par an.

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