La chambre régionale des comptes de Normandie a examiné la gestion de la ville du Havre pour les exercices 2012 à 2017. Où l'on apprend que la capacité de désendettement de la ville s'est nettement dégradée sur la période.

La mairie du Havre épinglée par la Cour des comptes sous la gestion d'Edouard Philippe
La mairie du Havre épinglée par la Cour des comptes sous la gestion d'Edouard Philippe © AFP / MEHDI FEDOUACH

Dans le cadre du contrôle des comptes et de la gestion de la ville du Havre pour les années 2012 à 2017, la chambre régionale des comptes, a examiné la tenue des comptes, la situation financière de la collectivité et sa gestion des opérations funéraires.

Dans son rapport publié lundi soir, la chambre régionale des comptes de Normandie écrit : 

La ville s'est placée dans une trajectoire défavorable (...) Le nombre d'années qu'il faudrait pour rembourser la dette passe de moins de sept ans en 2011, ce qui était optimal, à plus de onze ans en 2017, ce qui rapproche la ville du seuil d'alerte

L'encours de dette du budget principal a augmenté de plus de 15% pour dépasser les 268 millions au 31 décembre 2017.  

Le report au prochain mandat d'un investissement de 21 millions d'euros pour l'aménagement de l'entrée de la ville est toutefois "susceptible d'infléchir cette tendance", nuancent les membres de la chambre régionale des Comptes, car "la gestion de l'encours de la dette" demeure "saine".  De surcroît, la ville s’est placée dans une trajectoire défavorable. Refusant jusque-là de revoir à la baisse son programme d’investissement pour l’ajuster à la diminution du résultat de fonctionnement, elle recourt davantage à l’emprunt, l’endettement progressant de 2,5 % par an. 

Des subventions dont la légalité est "discutable"

Mais les magistrats trouvent "discutable" la "légalité" de certaines subventions destinées à abonder les services publics industriels et commerciaux. Et leur contrôle est selon eux "lacunaire".  

Par ailleurs "les actions de modernisation des services n'ont pas permis des gains significatifs de productivité", note la chambre régionale relevant le fait que si la masse salariale de la ville a été "réduite", elle ne l'a pas été "à périmètre constant". 

226 agents de la municipalité ont en effet été "transférés à la communauté d'agglomération en 2016", selon les magistrats. 

La chambre rappelle également à la commune la nécessité "de faire cesser sans délai" l'exploitation de la chambre funéraire considérant que le cadre juridique actuel n'est pas conforme.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.