Au mont Beuvray, Montebourg lance un appel pour un projet alternatif en vue  de 2017
Au mont Beuvray, Montebourg lance un appel pour un projet alternatif en vue de 2017 © capture d'écran

Même à l’écart de la vie politique, l’ex-ministre n’a jamais failli à sa tradition : l’ascension du Mont Beuvray le lundi de la Pentecôte. A un an de l’élection présidentielle, cette randonnée-là a pris une tournure forcément politique.

L’invitation a été lancée il y a une semaine, et tout le monde était convié. Comme chaque lundi de Pentecôte depuis 2004, Arnaud Montebourg a troqué ses souliers de ville contre une bonne paire de chaussures de marche. 821 mètres à grimper, avec dans son sillage, 200 personnes et ses hôtes : les députés frondeurs de la Nièvre Christian Paul, et de Saône-et-Loire Laurent Baumel. Au lendemain de l’utilisation de l’article 49-3 pour faire passer la loi Travail à l’Assemblée Nationale, et à la veille de l’élection présidentielle, cette ascension a eu des airs de meeting politique, plus que les autres années.

Poser les jalons de 2017, sans le dire

En grimpant sur les sentiers du Morvan, ses amis frondeurs avaient préparé le terrain : "Nous sommes les garants légitimes des serments de 2012. Nous sommes une fidélité à tous les Français " a expliqué le député Christian Paul.

De moins en moins entrepreneur (il est l’un des dirigeants de l’enseigne d’ameublement Habitat), de plus en plus candidat, Arnaud Montebourg a, lui, pris la parole en haut de la colline à la mi-journée. Mais pas d’officialisation d’une candidature : il préfère la jouer collectif.

Le reportage de Laurence Peuron, journaliste politique de France Inter.

"Moi, homme de gauche "

Son discours pourrait être intitulé "l’appel du Mont Beuvray". Dénonçant un "système politique devenu une machine à trahir ", Arnaud Montebourg a lancé son appel "aux économistes, aux entrepreneurs, et aux syndicalistes, aux innovateurs, aux chercheurs et aux créateurs, aux scientifiques et aux artistes, et tout simplement aux Français qui souhaitent peser sur le destin de notre nation et de notre continent ". Le chantre du Made in France souhaite réconcilier et réunifier "la France qui va bien et la France qui va mal ".

Il s’est également mis à l’anaphore, en développant en douze points ce qu’est "être de gauche ". Un homme politique de gauche doit ainsi placer le pouvoir politique au-dessus du pouvoir économique, et refuser que les libertés soient abolies au nom de l’ordre public.

A la fin de son discours, il a plaidé devant la presse pour une primaire à gauche : "Mieux vaut un projet sans candidat qu'une foultitude de candidats sans projet ". La question doit être tranchée le 3 juin lors du conseil national du Parti Socialiste.

Infographie Montebourg
Infographie Montebourg © Visactu
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