Le premier tour des élections législatives, marqué par un véritable raz-de-marée de l'alliance La République en Marche!/Modem, inflige aussi un important revers au Front National.

Le Front National, malgré le maintien de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont, n'a recueilli que 14% environ des voix au niveau national
Le Front National, malgré le maintien de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont, n'a recueilli que 14% environ des voix au niveau national © AFP / PHILIPPE HUGUEN /

Le Front National, en l'espace d'un mois et demi, a subi un revers sans précédent, entre sa présence au second tour de la présidentielle, et le score décevant qu'il obtient au premier tour de ces législatives : alors que ce dernier scrutin a été marqué par une abstention sans précédent, qui lui est d'ordinaire favorable, le Front National, cette fois-ci, n'obtiendrait pas plus d'un à cinq sièges à l'Assemblée nationale. Impossible, dans cette configuration, d'obtenir le groupe parlementaire tant espéré.

Des millions de voix perdues

Le Front National recule, traditionnellement, entre le premier tour de l'élection présidentielle et celui des législatives. Mais cette année, ce devers est encore plus marqué : le FN devrait passer de 21,3% à environ 13,5%, selon les estimations des instituts de sondage. Cela donne une déperdition de quatre millions de voix, passant de 7,7 à environ 3,2.

Plusieurs figures frontistes ont été éliminées dès le premier tour, tel Nicolas Bay, patron de la campagne FN pour les législatives, en Seine-Maritime; Jean-Lin Lacapelle, secrétaire général adjoint du parti, dans une circonscription pourtant très favorable des Bouches-du-Rhône, ou le comédien Franck De Lapersonne dans la Somme.

Rare éclaircie pour le parti, Marine Le Pen, à nouveau candidate dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, où se trouve la mairie FN d'Hénin-Beaumont, paraît en position très favorable, avec environ 45% des voix au premier tour.

Abstention et déception

Depuis son QG de campagne d'Hénin-Beaumont, Marine Le Pen a mis en cause "l'abstention catastrophique" qui "pénalise" son parti et "doit poser la question du mode de scrutin" (le FN réclamant l'instauration de la proportionnelle qui lui avait permis de faire élire 35 députés en 1986). La dirigeante du Front National a donc appelé ses partisans à la mobilisation, tablant sur des "réserves de voix considérables" pour l'emporter dans "plusieurs circonscriptions".

Ses lieutenants ont néanmoins évoqué une déception, comme Florian Philippot, vice-président du parti, ou Nicolas Bay, qui a reconnu :

Beaucoup de nos électeurs ne sont pas allés voter

Le Front National voit ainsi, avec cette nouvelle fournée de résultats décevants, resurgir le débat interne sur sa "refondation", ouvert au lendemain du second tour de la présidentielle, et alimenté, aussi, par le retrait temporaire de Marion Maréchal-Le Pen de la politique, l'échec de l'alliance avec Nicolas Dupont-Aignan ou les menaces de départ de Florian Philippot.

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