Hollande et Aubry à l'enterrement de Pierre Mauroy
Hollande et Aubry à l'enterrement de Pierre Mauroy © Christophe Morin / IP3 / Christophe Morin / IP3

La maire de Lille a finalement décidé de faire texte commun avec le premier secrétaire du Parti socialiste pour ce congrès qui s'annonce tendu. Mais on nous l'assure : "personne ne s'est rallié à l'autre", et la motion a été conçue à quatre mains.

Soutenir inconditionnellement le gouvernement ou lui demander des comptes ? La question divise le Parti socialiste depuis les premiers jours du mandat de François Hollande à l'Élysée, et n'a cessé de diviser le mouvement avec l'arrivée de Manuel Valls à Matignon. Le congrès du parti en juin à Poitiers doit être l'occasion d'en débattre, des soutiens les plus fervents de l'exécutif aux frondeurs tentés par une autre voie.

C'est d'ailleurs chez ces derniers que la voix de Martine Aubry s'est le plus fait entendre ces derniers mois. L'ancienne ministre du Travail ne s'est pas privée de critiquer le gouvernement, sans jamais aller plus loin politiquement. Et c'est pourtant avec la motion jugée majoritaire, et pas celle des frondeurs, qu'elle compte participer au congrès.

"Une bonne chose" pour "le rassemblement"

Au moins quatre motions concurrentes doivent être déposées ce samedi, dans une salle de l'Assemblée nationale. Martine Aubry a finalement annoncé qu'elle serait un soutien du principal, celui de Jean-Christophe Cambadélis. Toutefois, la maire de Lille l'assure, il s'agit d'une motion préparée en commun, personne ne s'est rallié à l'autre". L'objectif, c'est "la réussite du quinquennat", mal engagé pour le moment.

Jean-Christophe Cambadélis, lui, s'est réjoui du consensus obtenu autour de sa motion

Je suis content qu'il y ait des gens aussi divers que Martine Aubry, Gérard Collomb et bien d'autres. La maladie de la gauche, c'est le sectarisme.

Manuel Valls n'a pas tardé à réagir à cette annonce d'un accord entre deux figures importantes du parti, qui pourrait apaiser les choses avant le congrès de Poitiers. "C'est une bonne chose pour le rassemblement des socialistes", se félicite le Premier ministre, surtout si"ce rassemblement se fait pour la réussite du quinquennat de François Hollande et de l'action du gouvernement" .

Dans cette motion, on trouve des mesures prisées par les "aubryistes" : sécurité sociale professionnelle, relance de l'investissement, réforme fiscale (avec une péréquation entre régions pauvres et riches) et "droits des salariés". Autant de gages supplémentaires après les dernières annonces de Manuel Vallsen faveur notamment de l'investissement privé.

Plus politique, l'objectif affiché de former une "nouvelle alliance populaire" avec les autres mouvements de la gauche. À l'image de la gauche plurielle des années Jospin, et au-delà. Pour Jean-Christophe Cambadélis, il s'agit "de dépasser l'alliance classique, une alliance d'appareils" et d'aller vers "une fédération", "un pôle de rassemblement attractif". Dans le viseur : les régionales et surtout la présidentielle.

Les militants devront se prononcer sur la motion qu'ils adoptent le 21 et le 28 mai. Sauf surprise, ce vote devrait confirmer Jean-Christophe Cambadélis comme chef du Parti socialiste. Reste à savoir avec quelle majorité il y parviendra.

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