Ce mercredi, le Premier ministre Édouard Philippe prononce le deuxième discours de politique générale de son mandat devant l'Assemblée nationale. Dans l'histoire de la Ve République, les discours de politique générale représentent en général un moment-clé, marquant politiquement pour les Premiers ministres.

Edouard Philippe à l'Assemblée nationale, ici en novembre 2017
Edouard Philippe à l'Assemblée nationale, ici en novembre 2017 © AFP / JACQUES DEMARTHON

Mercredi, Édouard Philippe prononcera son discours de politique générale devant l'Assemblée nationale : le deuxième de son mandat de Premier ministre. Après les conclusions du grand débat national et les grandes orientations énoncées par Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse, il présentera aux députés l'acte II du quinquennat : il s'agit de "fixer le calendrier et les chantiers législatifs" selon la porte-parole du gouvernement Sibeth N'Diaye.

De la défense du bilan aux nouveaux caps

Dans l'histoire de la Ve République, les discours de politique générale représentent en général un moment-clé, marquant politiquement pour les Premiers ministres. 

Ainsi, à l'été 1984, Laurent Fabius, 37 ans, se présente devant l'Assemblée nationale, alors que le premier quinquennat de Mitterrand a déjà entamé son virage de la rigueur. Le Premier ministre insiste sur les attentes de la jeunesse : 

Ils attendent de nous que sans renier nos différences, nous sachions faire quelque chose qui ressemble à la paix civile.

Laurent Fabius complète ensuite, et s'adresse directement aux députés : "Je souhaite que vos débats au Parlement aillent en ce sens et qu'ainsi ils fassent honneur à la politique".

Autre axe de développement possible pour le discours de politique générale, quand ce n'est pas le premier : ce peut être l'occasion de défendre le bilan du Président. C'est, par exemple, ce qu'a fait le chiraquien Jean-Pierre Raffarin en avril 2004 : "Depuis deux ans, l'action conduite a permis de sortir de certaines impasses. La France s'adapte. J'ai confiance, je refuse le pessimisme des mauvais prophètes du déclin", dit-il. Il vient alors d'annoncer son troisième gouvernement sous le deuxième mandat Chirac. 

Inversement, les chefs de gouvernement peuvent aussi profiter de ce moment pour impulser un nouveau souffle. C'est le cas de Manuel Valls en avril 2014, qui vient de succéder à Jean-Marc Ayrault :

C'est confiant de la responsabilité que m'a confiée le chef de l'État que je me présente devant vous pour ouvrir une nouvelle étape du quinquennat.

De façon plus pragmatique, les Premiers ministres, fonction oblige, profitent aussi de cet exercice pour mettre en musique les réformes. En novembre 2010, pour son troisième discours de politique générale, François Fillon met la pression sur les syndicats : 

Ils doivent négocier une nouvelle convention d'assurance chômage : je leur fais confiance pour proposer de nouveaux outils, la balle est dans leur camp.

Ce discours lance alors une réforme de l'assurance chômage, comme celle qu'Edouard Philippe s'apprête à détailler... neuf ans après François Fillon.

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