Avant François Fillon, condamné lundi à cinq ans de prison dont deux ferme pour des emplois fictifs concernant notamment sa femme Penelope, d'autres hommes politiques ont été condamnés en France à de la prison ferme. Balkany, Cahuzac, Tapie, on peut remonter ainsi jusqu'à l'ancien maire de Nice Jacques Médecin.

Claude Guéant, Bernard Tapie, Jérôme Cahuzac, Patrick Balkany, ont été condamnés à des peines de prison
Claude Guéant, Bernard Tapie, Jérôme Cahuzac, Patrick Balkany, ont été condamnés à des peines de prison © AFP / Getty (pour Bernard Tapie)

Épilogue provisoire de l'affaire qui avait fait dérailler sa campagne présidentielle en 2017, l'ancien Premier ministre François Fillon a été condamné lundi à Paris en première instance à deux ans d'emprisonnement ferme et à une lourde amende dans l'affaire des emplois fictifs de son épouse Penelope. Le couple fait appel de cette décision. Ce n'est pas la première fois qu'un homme politique est sanctionné par la justice. 

Les époux Balkany : fraude fiscale et prise illégale d'intérêt

Patrick Balkany, maire de Levallois-Perret, et son épouse Isabelle, première adjointe de la ville, sont définitivement condamnés en mars 2020 à trois ans de prison ferme pour fraude fiscale. Incarcéré à l'issue du procès en première instance en septembre 2019, Patrick Balkany a effectué cinq mois de prison avant d'être libéré pour raisons de santé.  Le 27 mai 2020, il est condamné en appel à cinq ans de prison pour blanchiment de fraude fiscale et prise illégale d'intérêts et sa femme Isabelle à quatre ans. Le couple forme un pourvoi en cassation.   

Jérôme Cahuzac : fraude fiscale

Ex-ministre du Budget sous François Hollande, Jérôme Cahuzac est condamné pour fraude fiscale en mai 2018 à quatre ans de prison dont deux avec sursis. Il échappe finalement à l'incarcération, en bénéficiant d'un aménagement de sa peine sous forme de bracelet électronique.  

Léon Bertrand : complicité d'abus de biens sociaux  

Ancien secrétaire d'État et ministre délégué au Tourisme sous Jacques Chirac, Léon Bertrand est condamné en mars 2017 par la cour d'appel de Basse-Terre (Guadeloupe) à trois ans de prison ferme pour complicité d'abus de biens sociaux. Incarcéré en septembre 2018, il bénéficie d'une libération sous surveillance électronique en avril 2019.   

Claude Guéant : complicité de détournement de fonds publics

L'ex-ministre de l'Intérieur Claude Guéant est condamné le 23 janvier 2017 par la cour d'appel de Paris à deux ans d'emprisonnement, dont un avec sursis et mise à l'épreuve pour complicité de détournement de fonds publics et de recel lié à ce délit. Son pourvoi en cassation est rejeté en janvier 2019.  Selon l'accusation, entre 2002 et 2004, lorsqu'il était directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy (alors ministre de l'Intérieur), Claude Guéant s'était versé chaque mois 5.000 euros en plus de son salaire de 8.000 euros et indemnités de 2.200 euros.   

Michel Mouillot : pots-de-vins  

Maire UDF de Cannes de 1989 à 1997, Michel Mouillot est condamné en février 2005 à six ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Nice dans une affaire de pots-de-vin réclamés à des casinos.  Le tribunal a ordonné la confusion de cette peine avec une précédente condamnation à quatre ans ferme, pour avoir perçu des "enveloppes" dans le cadre d'une opération immobilière.  En janvier 2007, l'ex-élu obtient un régime de semi-liberté après trois années de détention.   

Alain Carignon : corruption

Ministre délégué chargé de l'Environnement du gouvernement Chirac puis ministre de la Communication du gouvernement Balladur, l'ex-maire de Grenoble (Isère) Alain Carignon est condamné en juillet 1996 à cinq ans de prison dont quatre ferme et cinq ans d'inéligibilité, pour corruption dans l'affaire Dauphiné News. Il a purgé 29 mois de prison jusqu'à sa libération anticipée en mai 1998.   

Bernard Tapie : corruption, subornation de témoin, fraude fiscale

Ministre de la Ville sous François Mitterrand, Bernard Tapie est condamné en novembre 1995 pour complicité de corruption et subornation de témoins à deux ans d'emprisonnement dont huit mois ferme et trois ans d'inéligibilité dans l'affaire du match de football truqué OM-Valenciennes.  Après 165 jours de prison, l'ancien président du club marseillais obtient en juillet 1997 une libération conditionnelle.  Il est condamné en appel en juin 1997 à 18 mois d'emprisonnement, dont 12 avec sursis, pour fraude fiscale dans l'utilisation du yacht Le Phocéa, mais obtient une confusion de ses peines fermes. 

En décembre 2005, il est condamné à une troisième peine de prison ferme pour fraude fiscale mais sur une autre période.  Bernard Tapie est relaxé au pénal en juillet 2019 de l'accusation d'escroquerie dans l'affaire de l'arbitrage Adidas-Crédit Lyonnais en 2008, mais le parquet fait appel et un deuxième procès est prévu en octobre 2020.   

Jacques Médecin : abus de biens sociaux et détournements

Jacques Médecin, maire de Nice de 1966 à 1990, est condamné dans le cadre de plusieurs affaires alors qu'il est en fuite en Uruguay. Extradé en France en novembre 1994, il passe 672 jours en prison pour des condamnations pour abus de bien sociaux et détournements de fonds, avant de retourner en Uruguay où il meurt en 1998.

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