Marine Le Pen a reconnu avoir proposé à Eric Zemmour la troisième place sur sa liste des Européennes. Le polémiste a décliné son offre. Mais pourquoi ne lui a-t-elle pas proposé la tête de liste alors que plusieurs de ses proches l'incitaient à le faire ?

Eric Zemmour en janvier 2015 à Bruxelles
Eric Zemmour en janvier 2015 à Bruxelles © AFP / Emmanuel Dunand

La tête de liste ou rien d’autre : Eric Zemmour voulait être aux commandes, pouvoir choisir ses co-listiers, garder sa liberté de ton... Et c’est justement ce qui a fait peur à Marine Le Pen, selon nos informations.

En septembre dernier, l’un de ses proches, le député et porte-parole du RN Sébastien Chenu, pousse "son ami" Zemmour à s’engager. "T’as 60 piges, c’est le moment de te lancer", lui dit-il. "Lâche tes bouquins, passe à l’action." Le polémiste est alors tenté. Reste à convaincre la patronne.

"Avec Zemmour tête de liste, on va exploser Wauquiez et Dupont-Aignan", lui promettent ses amis. "Rien de tel pour crever l’écran, rassembler largement." Marine Le Pen entend ces arguments, puis tranche. "Avec Eric, ce sera une polémique par jour", dit-elle en petit comité. "C’est trop dangereux et il n’est pas complètement sur ma ligne."

Jordan Bardella, le choix du fidèle soldat

En effet, l’union des droites et le conservatisme, ça n'a jamais été le créneau de Marine Le Pen. "Et Eric aurait pu lui faire de l’ombre dans la perspective de 2022", ajoute un élu RN. Cependant, tous deux déjeunent ensemble en novembre.

À cette occasion, elle lui propose la troisième place, il refuse. Tant pis. Marine Le Pen est aujourd’hui "ravie" d’avoir joué la sécurité avec le fidèle soldat, Jordan Bardella. Elle lui a d’ailleurs demandé mardi soir d’incarner "le gendre idéal" lors du débat télé face à Nathalie Loiseau sur BFMTV. Marine Le Pen ne veut aucune prise de risque. À ses yeux, inutile d'aller chercher à convaincre des indécis, il suffit de mobiliser son socle.

À dix jours du scrutin, Jordan Bardella n'a d'ailleurs commis aucun dérapage pour l'instant. Il tient la ligne. Eric Zemmour a, lui, encore été condamné l'année dernière en appel à 5 000€ d'amende pour provocation à la haine religieuse, après des propos islamophobes tenus en 2016 sur France 5.

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