Dans son programme, le président élu promettait un "spoil system" à l'américaine : jusqu'à 700 personnes pourraient changer de fonction.

Le ministère de l'Economie et des Finances, à Bercy
Le ministère de l'Economie et des Finances, à Bercy © AFP / Loïc Venance

C'était l'une des mesures proposées par Emmanuel Macron dans son programme présidentiel : la mise en place, comme aux Etats-Unis, d'un "spoil system", un système des dépouilles. Outre-Atlantique, les fonctionnaires aux postes clé sautent à chaque alternance politique : jusqu'à 4000 personnes changent de fonction. En France cela pourrait concerner plutôt 700 emplois.

Directeurs d'administrations centrales, préfets, ambassadeurs peut-être... Les hauts fonctionnaires tremblent-ils ? Pas vraiment.

Eviter des conflits

Car les fonctionnaires seront peut-être rassurés d'éviter certains conflits, comme celui qui a opposé en 2013 Arnaud Montebourg au directeur du Trésor, Ramon Fernandez, censé conduire la politique économique de la France. Le ministre reprochait au fonctionnaire, nommé par Nicolas Sarkozy, son libéralisme, avec accrochages multiples à la clé.

Des conflits pas très efficaces, d'autant qu'un ancien directeur du ministère le reconnait : Bercy est aussi très bien équipé pour bloquer, ou pour atténuer l'impact d'une mesure, des 35 heures à la réforme de la taxe professionnelle.

Pas de "grand ménage"

Le spoil system a donc l'avantage de la cohérence politique, mais attention, rappelle un ancien cadre du ministère : en France les fonctionnaires sont censé être neutres et loyaux. Pas question donc de faire sauter un chef sous prétexte qu'il a été nommé sous la précédente majorité.

Emmanuel Macron affiche donc un autre objectif : ouvrir ces postes importants à d'autres profils, et mettre en place une sorte de contrat d'objectifs entre ministre et hauts fonctionnaires. Que ceux qui s'opposent quittent leur poste.

On est loin du grand ménage : d'ailleurs le nouveau président est proche de l'administration, notamment à Bercy. Exemple : la nouvelle directrice du Budget Amélie Verdier était dans sa promotion à l'ENA.

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