Le candidat du mouvement En Marche comptait déjà François Bayrou parmi ses soutiens proches. Ce dimanche, Jean-Louis Borloo, autre figure du centrisme, lui a aussi apporté sa voix.

Jean-Louis Borloo est sorti de son silence, après trois ans de retraite politique
Jean-Louis Borloo est sorti de son silence, après trois ans de retraite politique © AFP / Joël Saget

Et si Emmanuel Macron parvenait à réunifier la famille du centre, divisée depuis des années ? Le ralliement ce dimanche matin de Jean-Louis Borloo, peut le laisser espérer. Dans une interview au Journal du dimanche, l'ancien ministre de la Ville puis de l'Emploi et de l'Ecologie a déclaré qu'il était prêt à "se retrousser les manches deux ou trois ans pour donner un coup de main" à Emmanuel Macron, tout en assurant n'être candidat à aucun poste.

"J'ai longuement réfléchi et je fais le pari d'Emmanuel Macron [qui] entend fédérer les forces vives, se moderniser, faire évoluer le projet européen quand Marine Le Pen, elle, veut diviser, se barricader derrière une ligne Maginot, se séparer de nos voisins européens", explique l'homme politique, qui s'est mis "en retrait total de la vie politique" il y a trois ans.

Un ralliement pas évident

Le ralliement de Jean-Louis Borloo à Emmanuel Macron a été long à se dessiner : les deux hommes s'étaient rencontrés dès le mois de mars, mais la rencontre s'était mal passée. "Macron est persuadé qu'il a déjà gagné, Borloo lui a dit 'Tu redescends sur terre et tu me rappelleras à ce moment-là'", avait raconté un proche. Dans le même temps, François Fillon avait annoncé parler très régulièrement avec Jean-Louis Borloo par téléphone.

La semaine dernière, après les résultats du premier tour, l'ancien ministre centriste avait finalement apporté une première marque de soutien à Emmanuel Macron. Ce ralliement a été accueilli comme une "heureuse nouvelle" par François Bayrou : le président du MoDem accompagne Emmanuel Macron dans sa campagne depuis le mois de février dernier.

L'UDI refuse une alliance

Ce nouveau soutien va-t-il permettre au candidat à l'Elysée de réunir la grande famille des centristes ? Pas sûr. Car l'UDI (dont Jean-Louis Borloo est l'ancien président) s'est engagée en faveur de François Fillon dans la campagne du premier tour, et surtout, malgré son appel à voter Macron au deuxième tour, l'actuel numéro un du parti Jean-Christophe Lagarde a souligné qu'il n'y aurait aucune alliance entre En Marche et l'UDI en vue des législatives.

Ce dimanche, à l'UDI, beaucoup d'élus sont tombés des nues en découvrant le soutien de leur ancien président à Emmanuel Macron : "Borloo table sur une victoire de Macron", confie une députée, "mais il a été devancé par François Bayrou". La hache de guerre n'est peut-être pas complètement enterrée entre les deux figures du centrisme qui ne s'apprécient guère.

Mais l'Histoire les fera peut-être mentir : par le passé, les centristes ont souvent construit leur unité autour d'un homme venu de l'extérieur, comme ce fut le cas Valéry Giscard d'Estaing ou Raymond Barre.

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