La transition écologique est l'une des priorités que l'exécutif entend marteler avant la trêve estivale. Après la tenue d'un Conseil de défense écologique présidé par Emmanuel Macron ce lundi, le gouvernement n'entend pas se faire déborder par une opposition verte très active.

Barbara Pompili et Jean Castex, la semaine dernière à Matignon
Barbara Pompili et Jean Castex, la semaine dernière à Matignon © AFP / Bertrand Guay

Après l'emploi des jeunes, c'est l'autre priorité que l'exécutif entend marteler, avant la trêve estivale, et le dernier Conseil des ministres, qui arrive mercredi : la transition écologique. Les prises de parole ne manquent pas : interview ce dimanche de Bruno Le Maire, interview de Barbara Pompili dans Le Monde avant un déplacement avec Jean Castex ce lundi après-midi (avec notamment la nouvelle secrétaire d'État à la biodiversité Bérangère Abba) pour parler fret et "transport combiné"... et enfin une réunion de travail prévue mercredi avec les citoyens de la Convention climat. 

En préambule de cette semaine, Emmanuel Macron a aussi présidé ce lundi matin le premier Conseil de défense écologique depuis février. Quelques heures plus tôt, le Premier ministre a signé une tribune, publiée dans l'édition de lundi de Ouest-France, affirmant que l'écologie est "une priorité" mais opposant "une écologie de terrain", à "une écologie moralisatrice, voire sectaire". 

Pour l'exécutif, il n'est pas question de se laisser déborder, sur cette question, par une opposition verte qui a été la révélation du second tour des municipales, et qui se montre très active depuis. 

Pression amicale

Ainsi la semaine dernière, la gauche écologiste et socialiste faisait une démonstration de force sur les bords de Loire, à Tours, ville symbole de la vague verte, avec un rassemblement des maires écologistes des grandes villes. Ces mêmes élus ont signé, deux jours plus tard, une tribune dans laquelle ils se sont engagés à appliquer, localement, toutes les propositions de la convention citoyenne. 

Une amicale pression dont personne n'est dupe à l'Elysée, qui réplique par cet agenda accéléré. "Les nuits sont courtes et on avance au pas de charge", confirme un conseiller. Ainsi, dès ce lundi, seront arbitrées certaines des propositions de la convention climat, celles qui peuvent immédiatement s'appliquer par voie réglementaire. L'essentiel est renvoyé au grand projet de loi qui sera examiné en janvier.

Intentions et moyens

Pas question de passer pour les moins-disants : le match de l'écologie a commencé, et les hostilités ont été en réalité lancées dès les 14 et 15 juillet par Emmanuel Macron puis Jean Castex : "Moi je crois à cette écologie du mieux, pas à cette écologie du moins", avait déclaré le Président lors de son interview du 14 juillet. Le lendemain, le Premier ministre avait enfoncé le clou lors de sa déclaration de politique générale

"Je crois en la croissance écologique, pas en la décroissance verte". 

"Et ce qui est en croissance, argumente un conseiller, c'est bien le budget du ministère": la Transition écologique se voit affecter un budget de 550 millions d'euros, qui va de pair avec un plan de relance inédit de 30 milliards pour "verdir" l'économie. "Jamais on n'a eu autant de moyens et de leviers" se réjouit le cabinet de Barbara Pompili, laquelle ne regrette pas, vague verte ou pas, d'avoir rejoint Emmanuel Macron : "Moi je suis toujours écologiste, et je suis bien décidée à travailler avec tous ceux qui ont envie de faire de l'écologie sur les territoires, quels qu'ils soient", assure-t-elle.

Aujourd'hui, le gouvernement est donc sous surveillance des anciens amis de Barbara Pompili, devenus maires. Chez Europe Ecologie – Les Verts, on fait le pari qu'après 600 jours, les électeurs préfèreront l'original à la copie. "La réalité des efforts faits jusqu'ici, c'est l'aéronautique, c'est l'automobile, c'est plus de 20 milliards sans aucune contrepartie sociale ni environnementale (...). On a un énorme décalage entre les discours et les actes, et un premier ministre qui amuse la galerie", dénonçait ce lundi matin sur Franceinfo le secrétaire national d'EELV Julien Bayou. 

En face, EELV est aussi attaqué par le Premier ministre sur une écologie qui serait "dogmatique et sectaire" : le moindre faux pas des nouveaux maires est guetté, comme la polémique sur la conseillère de Paris Alice Coffin qui a poussé l'adjoint d'Anne Hidalgo, Christophe Girard, à la démission ; ou encore la plainte de Gérald Darmanin contre le nouveau maire de Colombes (Hauts-de-Seine) Patrick Chaimovitch, qui a comparé les forces de l'ordre à la police de Vichy (lequel a depuis rectifié le tir et demandé à rencontrer le ministre de l'Intérieur). 

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