copé juge qu'ayrault est le maillon faible du gouvernement
copé juge qu'ayrault est le maillon faible du gouvernement © reuters

C'est un document remis il y a un mois au Premier ministre qui a aujourd'hui des effets à retardement. L'UMP et le FN craignent une rupture "du pacte républicain". Le Premier ministre répond en qualifiant Jean-François Copé "d'irresponsable" de "menteur".

Le rapport a beau être de "grande qualité", Jean-Marc Ayrault tient d'abord à rappeler que ce n'est... qu'un rapport.

Ce n'est pas parce que je reçois des rapports que forcément c'est la position du gouvernement.

Mais son contenu a suffi à faire pousser des cris à la droite en général, de Marine Le Pen à Jean-François Copé. En cause, sa prise de parti pour "reconnaître la richesse des identités multiples" de la France.

Pour l'UMP, il faut traduire son contenu par une volonté de "faire de la France une société multiculturelle". Jean-François Copé parle même d'une politique à même de "briser le pacte républicain pour de basses considérations électoralistes".

Pour François Fillon, tout cela "s'inscrit dans la logique d'une France communautarisée et désunifiée."

Je récuse cette vision molle de la République qui tourne le dos à la citoyenneté et à la fierté d'être Français.

Quant au Front national, il évoque carrément "une véritable déclaration de guerre aux Français".

"Menteur", "irresponsable"

C'est finalement au président de l'UMP que s'en prend vertement Jean-Marc Ayrault quelques heures plus tard. Un président qu'il qualifie de "menteur" et "d'irresponsable". "Faire le procès au gouvernement que nous voudrions abandonner le modèle républicain d'intégration, celui du droit et des devoirs, celui de la République démocratique, laïque et sociale, c'est une injure".

Le Premier ministre renvoie aussi Jean-François Copé à ses propres "considérations électoralistes", en affirmant qu'il s'agit d'une manoeuvre pour satisfaire sa droite.

L'UMP a un problème, c'est son électorat qui file de plus en plus vers le Front national, on ne sait pas comme le retenir, au point de mentir.

Qu'y a-t-il dans le document ?

Le document remis il y a un mois au Premier ministre et mis en ligne sur le site de Matignon est issu de cinq groupes de travail ("Faire société commune", "Habitat", "Protection sociale", "Connaissance reconnaissance", et "Mobilités sociales") constitués par des représentants d'associations,de fonctionnaires, de syndicalistes et de chercheurs.

IIl dénonce surtout le discours nationaliste en progression depuis 20 ans, et le durcissement de la législation sur l'immigration. Il propose notamment l'abandon du mot d'intégration, vécu comme une "injonction", une obligation, alors qu'elle devrait être basée avant tout sur la fin des discriminations et une égalité de traitement.

Parmi les propositions les plus controversées : l'étude de l'arabe et des langues africaines, l'autorisation du voile à l'école, ou la création d'un délit de harcèlement racial.

Les auteurs estiment que ce qui fait le "vivre ensemble" ne doit pas être prédéterminé "par la société majoritaire et ses élites", mais être issu de la diversité des cultures et des origines.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.