[scald=203935:sdl_editor_representation]par Matt Spetalnick et John Whitesides

WASHINGTON (Reuters) - Devant plus de 600.000 personnes à Washington, Barack Obama a inauguré hier son second mandat en appelant de ses voeux la construction d'une Amérique plus tolérante et ouverte et en se fixant un ambitieux programme de réformes.

Avec l'assurance et la détermination d'un président libéré de la quête d'une réélection, le 44e président américain a mis l'accent sur la défense de la classe moyenne, des droits des homosexuels et sur la lutte contre le changement climatique, réaffirmant les grandes causes "libérales" du camp démocrate.

Les tempes désormais grisonnantes à 51 ans et après quatre années de présidence, Barack Obama a prêté serment publiquement devant le Capitole à Washington. Formellement investi la veille en privé à la Maison blanche, le 20 janvier comme le veut la Constitution, il a répété les 35 mots du serment présidentiel devant le président de la Cour suprême, John Roberts, sous les yeux de son épouse Michelle et de ses deux filles.

Ensuite, dans un discours de 18 minutes, devant une marée de bannières étoilées, quoique plus restreinte que la vague record de 1,8 million d'Américains qui avait envahi le National Mall il y a quatre ans pour écouter le premier président noir des Etats-Unis, Barack Obama a lancé un appel à l'unité et au dépassement des querelles partisanes qui ont pu miner son premier mandat.

"Nous ne pouvons nous méprendre en instituant l'absolutisme comme principe, en substituant le spectacle à la politique, ou en faisant de l'échange d'injures un débat raisonnable", a-t-il dit en ciblant tacitement l'aile droite des conservateurs. "Nous devons agir, sachant que notre oeuvre sera imparfaite."

S'exprimant en des termes précis, plus qu'à l'ordinaire dans un discours d'investiture, il a promis des "choix douloureux" pour réduire le déficit fédéral tout en préservant les programmes d'aide sociale, évoquant la suppression des niches fiscales ou la réorganisation du gouvernement.

LE CLIMAT ÉRIGÉ EN PRIORITÉ

Barack Obama entame son second mandat sur de bonnes bases, avec une popularité en hausse et des républicains sur la défensive. Même si des batailles se profilent au Congrès, il a affiché sans complexe un ensemble d'objectifs "progressistes", un qualificatif banni de l'autre côté du spectre politique américain: étendre la prospérité des classes moyennes, défendre les droits des homosexuels, réformer l'immigration et lutter contre le réchauffement climatique.

Pour la première fois, un président américain a mentionné les droits des homosexuels dans un discours d'inauguration: Barack Obama a placé la lutte pour les droits homosexuels sur le même plan que deux autres combats historiques pour les droits civiques aux Etats-Unis: celui des Noirs et celui des femmes.

De manière encore plus inattendue, le chef d'Etat a évoqué le réchauffement climatique, alors que les thématiques environnementales n'ont pas été privilégiées au cours de son précédent mandat.

Barack Obama a également insisté sur la nécessité, selon lui, de "trouver un meilleur moyen d'accueillir les immigrés", et de lutter contre les violences liées aux armes à feu, contre lesquelles il a récemment présenté un plan, à la suite de la fusillade dans une école de Newtown, dans le Connecticut.

Le président a en revanche fait peu d'allusion à la politique internationale, n'évoquant ni la guerre civile syrienne, ni le programme nucléaire controversé de l'Iran, ni la prise d'otages meurtrière de Tiguentourine en Algérie.

MICHELLE CHOISIT ENCORE JASON WU

Même si les propos étaient plus précis que ce qu'attendaient la majorité des commentateurs, Barack Obama devrait réserver ses propositions plus détaillées à son discours sur l'état de l'Union, qu'il prononcera devant le Congrès le 12 février.

Après son allocution, le président et la first lady ont descendu la Pennsylvania Avenue, sortant à deux reprises de leur limousine blindée pour saluer à pied la foule, sous l'oeil vigilant des agents du Secret Service.

Le couple présidentiel est allé ensuite ouvrir deux bals dans la capitale fédérale - contre dix en 2009. Michelle Obama a opté à nouveau, comme il y a quatre ans, pour la robe d'un jeune styliste américain, Jason Wu.

Le président américain a reçu les félicitations du chef de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, qui disait en 2010 que sa priorité était d'empêcher la réélection d'Obama. Mitch McConnell a estimé que ce second mandat représentait un "nouveau départ".

Mais d'autres républicains se sont montrés sceptiques quant à l'appel lancé par le chef de la Maison blanche: "Il parlait aux gens qui ont voté pour lui. C'est bien, mais ce n'était pas un appel à l'unité", a déclaré un assistant parlementaire républicain.

Julien Dury et Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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