La crise des "gilets jaunes" pourrait bien être derrière Emmanuel Macron, selon le baromètre Odoxa pour France Inter, la presse régionale et l'Express publié ce lundi. Une majorité de Français souhaitent désormais l'arrêt du mouvement, tandis que le chef de l'État voit sa popularité remonter.

Des "gilets jaunes" le 7 février dernier
Des "gilets jaunes" le 7 février dernier © AFP / SEBASTIEN RIEUSSEC

Pour la première fois, le mouvement des "gilets jaunes" semble fatiguer les Français. Selon le baromètre politique mensuel publié ce lundi par Odoxa pour France Inter, la presse régionale et l'Express, 55 % des Français demandent l'arrêt du mouvement. C'est la première fois qu'ils sont majoritaires. Fin novembre, 66 % des sondés souhaitaient la poursuite de la mobilisation, puis 55 % en janvier dernier. Ils sont désormais 45 % seulement.

"On peut dire qu'on tourne la page 'gilets jaunes'" analyse Gaël Sliman, président d'Odoxa : "Ce qui est spectaculaire, c'est que ce mouvement se réduit à un socle très étroit au niveau sociologique ; il n'y a plus que les Français aux plus bas revenus et les ouvriers (57 et 58 %), et au niveau politique, il n'y a plus guère que les sympathisants des extrêmes (74 % de sympathisants chez les Insoumis, 67 % au Rassemblement national) qui souhaitent la poursuite du mouvement."

La crise des "gilets jaunes", déjà derrière Emmanuel Macron ?

À l'inverse, les Français les plus aisés se montrent agacés par le mouvement. Chez les plus riches du panel, 72 % désapprouvent la mobilisation. Les cadres et les personnes habitant en zone urbaine, notamment à Paris, sont respectivement 69 et 60 % à souhaiter l'arrêt du mouvement, alors qu'ils étaient plutôt favorable à sa poursuite, fin novembre.

Cette lassitude va plutôt arranger les affaires de l'exécutif. Plombé en fin d'année par les "gilets jaunes", Emmanuel Macron voit sa côte de popularité remonter en janvier. Après une chute de 6 points entre octobre et décembre, avec une popularité de 27 %, le président de la République retrouve presque son niveau d'avant la crise : en janvier 32 % des personnes sondées estimaient qu'Emmanuel Macron est "un bon président".

Le baromètre de janvier souligne une remontée de l'opinion, à la fois des sympathisants PS (+ 6 points) et LR (+9) points, pour Emmanuel Macron, ce qui lui confère un niveau de popularité "tout à fait acceptable".

Vers une forte abstention aux européennes

Premières élections depuis l'arrivée au pouvoir de la République en marche, les élections européennes prévues le 26 mai prochain n'intéressent pas les Français. Ils sont seulement 62 %, à moins de trois mois du scrutin, contre 83 % à l'époque de l'élection présidentielle.

L'intérêt des Français demeure néanmoins croissant, en comparaison avec décembre dernier où 54 % des Français se disaient intéressés.

Dans le détail, ce sont les classes socio-professionnelles les plus faibles qui se désintéressent de ces élection, avec, si cette tendance se poursuit, une forte abstention à prévoir qui pourrait s'avérer, note Odoxa, "favorable au parti du Président et défavorable aux partis 'antisystème'".

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