Trois personnes interrogées sur dix affirment qu'elles voteront "contre le gouvernement" aux municipales et non en fonction d'enjeux locaux, selon le dernier baromètre de l'institut de sondages Odoxa. Parallèlement (et paradoxalement) la cote de popularité d'Emmanuel Macron connaît une embellie.

La République en Marche pourrait bien pâtir des élections municipales, selon le dernier baromètre Odoxa.
La République en Marche pourrait bien pâtir des élections municipales, selon le dernier baromètre Odoxa. © Getty / Godong

Les Français pourraient sanctionner la politique du gouvernement aux municipales. C’est l’une des tendances fortes qui ressort d’un nouveau sondage Odoxa-CGI pour France Inter, L’Express et la presse régionale, publié ce mardi et réalisé les 22 et 23 janvier derniers. Loin des préoccupations locales, 42 % des sondés annoncent qu'ils voteront en fonction d’enjeux nationaux. 30 % d'entre-eux profiteront alors de leur vote pour sanctionner Emmanuel Macron et le gouvernement, alors que seuls 12 % voteront pour le soutenir. En première ligne de ce "vote sanction" : les sympathisants de La France insoumise et du Rassemblement national.

LREM en mauvaise posture pour les municipales...

Plus globalement, La République en marche pourrait bien pâtir des élections municipales. Odoxa augure d‘un résultat national "assez médiocre" avec "peu de perspectives de conquêtes" de nouvelles villes : LREM ne comptabilise en effet que 18 % des intentions de vote, ce qui marque un recul net par rapport aux élections antérieures (une baisse de quatre points depuis les européennes, de six points par rapport à la présidentielle). Certes, assez pour être en tête au premier tour. Mais LREM ne dispose d'aucune réserve de voix pour le second tour, souligne Odoxa.

À l'inverse, Europe Écologie-Les Verts et le Rassemblement national se profilent comme les grands gagnants du scrutin municipal. EELV raflerait 13,5 % des votes, un score historique, tandis que le RN monterait à 14 %, triplant ainsi son résultat des municipales de 2014. 

Des résultats à nuancer tout de même selon la taille des villes, explique Gaël Sliman, président d'Odoxa : "La popularité d'Emmanuel Macron est plus élevée de cinq points dans les villes de 9 000 habitants et inversement, la cote d'adhésion de Marine le Pen est supérieure de six points dans les villes de 9000 habitants."

... mais la popularité de Macron reprend des couleurs

En dépit du potentiel "vote sanction" des municipales, la cote de popularité du président de la République se porte mieux : 36 % des sondés estiment qu'Emmanuel Macron est un bon président, soit une hausse de trois points en un mois. 

Hausse plus timide du côté du Premier ministre d'Édouard Philippe : 1 point, pour s'établir comme le président à 36 % de bonnes opinions. En cause notamment, le soutien de plus en plus marqué des sympathisants Les Républicains : la cote de jugements positifs d'Emmanuel Macron a bondi de 9 points en un mois chez les sympathisants LR (47 %), et celle d'Édouard Philippe de 8 points (49 %).

Du côté des personnalités politiques préférées, Nicolas Sarkozy tire son épingle du jeu. Même si les enquêtes montrent que les Français ne souhaitent pas son retour, il occupe la première place du baromètre avec une cote d'adhésion de 32% ( 1 point), et une écrasante popularité de 80% chez les sympathisants de droite. 

En revanche, pour sa rivale de la présidentielle de 2007, c'est la dégringolade : Ségolène Royal, empêtrée dans les polémiques sur son rôle d'ex-ambassadrice des pôles, voit sa cote baisser de trois points. Même chute pour le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer.

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