Jean-Paul Delevoye
Jean-Paul Delevoye © Thomas Padilla/MAXPPP / Thomas Padilla/MAXPPP

Les membres du Conseil économique, social et environnemental (Cese) votent aujourd'hui pour élire leur nouveau président. Pour la première fois, trois candidats se disputent le tête de cette assemblée, dont l'efficacité est régulièrement mise en doute.

C'est la troisième assemblée de la République. Institution consultative, méconnue,le Conseil économique, social et environnemental (Cese) est composé de représentants d'organisations patronales, syndicales, d'associations et de personnalités qualifiées. 233 conseillers, nommés pour 5 ans. Le mandat des nouveaux membres a débuté le 15 novembre. Ils doivent élire leur président cet après-midi. Une fois n'est pas coutume, le vote s'annonce tumultueux .

Deux poids lourds et un "outsider"

Pour la première fois, trois candidats sont en lice, sur fond de divisions syndicales et patronales. Le sortant Jean-Paul Delevoye, le vice-président démissionnaire du Medef, Patrick Bernasconi, et un "outsider", Gérard Aschieri. Donné favori, Patrick Bernasconi, 60 ans, est soutenu par le patronat et les syndicats réformistes(CFDT, CFTC, CFE-CGC, Unsa) . Ancien président de la Fédération des travaux publics, membre du Cese depuis 2010, il promet un "renouveau démocratique".

Son principal adversaire, l'ancien ministre Jean-Paul Delevoye, 68 ans, peut compter sur le soutien de Force ouvrière et d'une partie de l'UPA (artisans) . Premier "politique" à avoir été élu à la tête de l'Institution, en 2010, il entend s'appuyer sur son bilan. Même si, dans la pratique, le Cese reste peu saisi par le gouvernement, "30% de ses avis se sont retrouvés dans les préconisations parlementaires", assure Jean-Paul Delevoye.

Refusant d'appuyer l'ancien ministre gaulliste ou le responsable patronal, la CGT, la FSU et Solidaires soutiennent de leur côté la candidature du syndicaliste Gérard Aschieri , 63 ans. L'ancien numéro un de la FSU (2001-2010) a toutefois peu de chances d'être élu.

Une institution décriée

La légitimité du Cese, qui a pour mission de conseiller le gouvernement à travers ses avis, est régulièrement contestée. Dans un rapport publié en février 2015, [la Cour des comptes]() plaidait notamment pour une meilleure gestion des ressources humaines . L'Institution emploie près de 140 fonctionnaires et dispose d’un budget annuel de 38 millions d’euros. Les indemnités mensuelles des conseillers s'élèvent autour de 3.000 euros, celles du président autour de 6.000.

Estimant que le Cese coûte trop cher, certains sont favorables à une fusion avec le Sénat. Proposition que le général de Gaulle avait soumise au referendum en 1969, sans succès. En attendant, si aucun des trois candidats n'obtient la majorité absolue ce mardi, un second tour sera organisé pour départager les deux candidats arrivés en tête.

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