bayrou renoue avec borloo et revient au centre-droit
bayrou renoue avec borloo et revient au centre-droit © reuters

Il avait soutenu François Hollande au second tour de l'élection présidentielle. Un peu plus d'un an après, le président du MoDem a scellé un rapprochement avec l'UDI de Jean-Louis Borloo en vue d'"une opposition constructive" au centre, "sans ruse" et sans "jeu de courants mortifère", tout en continuant de revendiquer son indépendance.

Après plus de dix années de séparation, le "troisième homme" de la présidentielle de 2007 et l'ancien numéro deux du gouvernement de François Fillon se sont résolus à unir leurs forces face à une majorité divisée et impopulaire et à une UMP menacée selon eux d'"explosion" sous la pression du Front national.

La charte d'alliance, qui devrait être signée à la mi-octobre, n'effacera pas d'un trait de plume les désaccords et les rivalités entre les deux familles, mais François Bayrou et Jean-Louis Borloo veulent croire à une nouvelle offre politique dont ils éprouveront l'efficacité et la solidité à l'occasion des élections municipales et européennes de 2014. Au prix d'un virage à droite que certains de ses partisans considèrent avec circonspection, François Bayrou, qui avait voté pour François Hollande contre Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle de 2012 après avoir été laminé au premier tour, se repositionne pour l'avenir. François Bayrou s'est exprimé en clôture de l'université de rentrée du MoDem à Guidel (Morbihan) :

La réconciliation, puis le rapprochement, puis le rassemblement et la réunion des forces dispersées du centre français, c'est la réponse que nous devons à la France pour que nous puissions servir la refondation de notre pays. Aujourd'hui c'est possible. Les esprits ont mûri et les temps ont changé.

Bayrou pensait Hollande "différent de son parti"

François Bayrou, qui avait observé avec bienveillance les premiers mois de la présidence Hollande, a fait part de sa "déception" face à la politique du président socialiste, qu'il croyait "différent de son parti" :

La déception, nous la ressentons. Les promesses ont été oubliées et le président de la République n'est pas au rendez-vous des promesses qu'il avait faites. Dans un paysage politique où tout explose, si nous sommes à la hauteur de notre responsabilité, il y aura au moins un lieuoù l'on se rassemblera, sans obsession de rivalité, en acceptant les nuances et les différences entre nous, mais sans ruse, et sans jeu de courants mortifère, avec estime réciproque.

Car le Béarnais refuse toute dilution ou tout suivisme aveugle. "Ce que nous apportons à cette force nouvelle du centre, c'est la garantie que le mot 'indépendance' n'est pas un vain mot", a plaidé le président du MoDem. "Nous sommes des opposants différents et constructifs. Nous refusons le systématisme".

Jean-Louis Borloo et moi (...), a-t-il poursuivi, bien sûr nous sommes différents. Notre manière de voir le monde n'est sans doute pas la même, les caractères ne sont pas les mêmes, nos chemins n'ont pas été les mêmes. Il a expérimenté la participation et l'association dans lamajorité et dans le gouvernement et moi j'ai expérimenté l'indépendance farouche et même la solitude. Si nous n'avions pas tenu bon durant ces années, (...) si nous n'avions pas été à ce point indépendants, à ce point libres, il n'y aurait pas aujourd'hui de regroupement du centre parce qu'il n'y aurait plus de centre.

et pour 2017 ?

Le dirigeant centriste assure que la présidentielle de 2017 n'est pas dans son "viseur" et qu'il faut plusieurs "leaders" au centre, mais la question d'une candidature centriste en 2017 reste posée. François Bayrou a évoqué la perspective d'une primaire. La stratégie des alliances pour les échéances locales à venir fait également débat.

François Bayrou a laissé entendre dimanche qu'il se refuserait à des rapprochements exclusifs au centre-droit avec l'UMP.

"Si la droite républicaine est sur ses fondamentaux, qui sont pour moi républicains avant d'être de droite, qui croient à la fraternité autant qu'à la liberté, alors il n'y a entre nous aucune question de compatibilité (...) comme il n'y en aurait avec une affirmation sociale démocrate, rénovée, enfin fière d'elle-même le jour où elle reniera la glaciation où pour l'instant elle est enfermée", a-t-il expliqué.

"Il n'y aura aucun jeu d'alliances automatiques qui nous entraînera dans des complaisances dont nous ne voulons pas", a-t-il prévenu sous les applaudissements. L'UDI et le MoDem devraient constituer 90% de listes communes pour les municipales.

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