François Bayrou n'est plus candidat à l'élection présidentielle : le chef du Modem préfère une alliance avec Emmanuel Macron. Stratégie triplement gagnante pour les deux hommes.

Fin du suspense: François Bayrou (photo de droite) annonce qu'il ne sera pas candidat et propose une alliance à Emmanuel Macron
Fin du suspense: François Bayrou (photo de droite) annonce qu'il ne sera pas candidat et propose une alliance à Emmanuel Macron © AFP / JOEL SAGET / AFP

Après plusieurs mois de tergiversations et un premier soutien à Alain Juppé, finalement battu par François Fillon à la primaire de la droite, François Bayrou a renoncé mercredi à briguer l'Elysée en proposant à Emmanuel Macron une "alliance". Subtil revirement alors que Bayrou ne s’était pourtant pas privé de critiquer la démarche de l’ex- ministre de l’économie, tour à tour qualifié d'"hologramme" et "candidat des forces de l'argent" qui serait peut-être "prêt dans quinze ans".

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La proposition de ralliement a été immédiatement acceptée par Emmanuel Macron, qui voit dans ce geste un "tournant" décisif dans une élection présidentielle de plus en plus inédite. C’est surtout l’occasion de gagner des points, à la fois pour le leader du Modem, et pour le fondateur d’En Marche !, pour trois raisons.

1-Une solution de secours bien pensée

A 65 ans, avec même pas 10 points recueillis en 2012 et plus grand monde derrière lui, François Bayrou était quasi sûr de ne pas l'emporter : il renonce ainsi à une quatrième candidature d'affilée après celles de 2002 (6,8%), 2007 (18,6%) et 2012 (9,1%).

Mais en s'alliant cette fois ci avec un potentiel vainqueur, en lui apportant des points plus que nécessaires, le leader du Modem pourrait se retrouver dans quelques mois à une autre place que celle de Maire de Pau, même si, interrogé mercredi soir par France 2, François Bayrou s'est défendu d'avoir négocié des contreparties électorales pour son renoncement : "Je n'ai jamais discuté de circonscriptions avec Emmanuel Macron" et "je ne suis candidat à rien", a-t-il assuré.

Mais quand celui qui s'était présenté 3 fois à la présidentielle renonce, l'homme d'expérience joue peut être là sa plus belle carte, avec l’occasion de repousser la date limite de la parole du Modem auprès du grand public, bientôt à bout de souffle.

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2-Obliger la droite à revoir sa stratégie

Désormais c'est pour les Juppéistes que cela devient compliqué, eux qui avait presque associé François Bayrou à la campagne de leur primaire. Valérie Pécresse : "Ca m'étonne énormément, moi qui travaille main dans la main avec le Modem, j'avais compris qu'ils voulaient l'alternance, et pas les héritiers de François Hollande".

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3-Sortir Macron de sa mauvaise passe du moment

Cet appui d'une figure appréciée des Français constitue un coup de pouce non négligeable pour Emmanuel Macron, en baisse dans les sondages après les difficultés de la semaine dernière liées à ses déclarations controversées sur la colonisation et le mariage homosexuel. Alors que beaucoup s'interrogent sur la jeunesse d'Emmanuel Macron et son passé de banquier chez Rothschild, "Bayrou peut lui apporter son expérience et sa caution d'honnête homme", note un proche.

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Bon nombre des troupes de François Bayrou étaient d’ailleurs déjà passées dans le camp Macron, qui a par ailleurs enregistré mercredi le ralliement du député écologiste François de Rugy.

Le leader d’En Marche a, en retour, déjà accepté la principale exigence formulée par François Bayrou: la promesse d'une loi de "moralisation de la vie publique", notamment s'agissant des "conflits d'intérêts".

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