Ce jeudi matin, plus d'une semaine après le début de l'affaire, les protagonistes de l'affaire Benalla s'expriment dans la presse. Après qu'Emmanuel Macron a reproché mercredi aux journalistes de dire "beaucoup de bêtises", Alexandre Benalla parle pour la première fois dans les colonnes du Monde jeudi.

Alexandre Benalla, le 1er mai 2018 lors des manifestations
Alexandre Benalla, le 1er mai 2018 lors des manifestations © AFP / .

Après une semaine de silence, les personnages-clé de l'affaire Benalla s'expriment enfin dans la presse. Ce jeudi, Le Monde publie une interview exclusive du principal inquiété : Alexandre Benalla, l'ex-collaborateur de l'Elysée sanctionné puis mis en examen et licencié pour des violences lors d'une manifestation le 1er mai. 

Pas de trahison, selon Benalla

Dans cette interview, Alexandre Benalla reconnait les faits qui lui sont reprochés et admet avoir "fait une grosse bêtise" et "commis une faute", lors de cette intervention "en tant qu'observateur" aux côtés des forces de police. Pour autant, il dit ne pas estimer "avoir trahi" Emmanuel Macron. Il affirme aussi que derrière la révélation de ces faits se cache "une volonté d'atteindre le président de la République, c'est sûr et certain". 

"Je ne dis pas que j'ai servi de fusible je dis juste que ça a servi plusieurs intérêts, un intérêt pour atteindre le président, à un moment pas mal pour lui, une bonne séquence". 

"On a essayé de m'atteindre, de me tuer, et c'était l'opportunité aussi d'atteindre le président de la République", affirme-t-il. Par ailleurs, il accuse le directeur de l'ordre public à la préfecture de police de Paris, Alain Gibelin, d'avoir menti devant les députés de la commission d'enquête, lors de son audition lundi.

Alors qu'Alain Gibelin, qui sera entendu à nouveau jeudi après-midi, a affirmé ne pas connaitre Alexandre Benalla, celui-ci conteste : "On a déjeuné quelques jours avant [le 1er mai] avec le général Bio-Farina, c'était une réunion de travail à propos des policiers qui font la sécurité autour du palais. A la fin de ce déjeuner, il m'a demandé si je venais toujours le 1er mai et si j'avais reçu l'équipement que je devais recevoir". 

Quant au geste violent qu'Alexandre Benalla fait à l'encontre d'un manifestant sur la vidéo, l'homme se justifie et assure qu'il ne s'agissait pas de frapper mais d'immobiliser la personne en question : "Je passe ma main gauche sous son aisselle, et la deuxième au niveau de son cou, et j’essaie de le lever pour l’emmener vers le major Mizerski et un autre policier. C’est exactement le même geste que j’ai fait à Emmanuel Macron quand il a pris un œuf au Salon de l’agriculture : il n’a pas déposé plainte pour violence et il n’a pas eu mal au cou plus que ça le lendemain !"

Macron : "L'Elysée n'a jamais caché la faute"

Mercredi soir, Emmanuel Macron s'était exprimé pour la première fois devant des journalistes, et notamment devant le micro et la caméra de France Bleu. Il assure que l'Elysée n'a pas commis de faute dans cette affaire et "n'a jamais caché la faute": "Elle l'a sanctionnée, elle n'a jamais empêché le travail ni de la justice, ni des services administratifs qui en avaient connaissance. Mes collaborateurs ont fait ce qu'ils devaient faire (...) Par contre il y a eu des dysfonctionnements donc il faut attendre le travail fait par les uns et les autres pour qu'on en tire les conséquences."

S'il y a une responsabilité, c'est de l'avoir embauché, et c'est moi qui l'ai embauché. Est-ce que je le regrette ? Non, parce que je trouve que c’est bien que quelqu'un comme ça ait pu avoir sa chance dans les équipes de l’Élysée, il a apporté beaucoup. 

Emmanuel Macron a par ailleurs reproché à la presse d'avoir "dit beaucoup de bêtises". Ce jeudi, le président de la République a déclaré que selon lui, cette affaire est "une tempête dans un verre d'eau, et pour beaucoup, une tempête sous un crâne". "Moi, ça ne me touche pas beaucoup, ne vous inquiétez pas, là je suis avec mes concitoyens", a-t-il ajouté, lors d'un déplacement dans les Hautes-Pyrénées. 

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