Battu à la présidentielle, en danger pour ces législatives, Benoît Hamon se cherche, entre socle socialiste et gauche plus marquée, mais définitivement opposé à Emmanuel Macron.

Le socialiste s'apprête à lancer son mouvement après les élections législatives
Le socialiste s'apprête à lancer son mouvement après les élections législatives © AFP / Martin BUREAU

Ils étaient 287 députés socialistes à l'Assemblée nationale, il semble difficile d'en faire élire autant lors de ces législatives, les 11 et 18 juin prochains. Certains voient se profiler le spectre de 1993, où le parti a vu son fondre son groupe, à 53 députés seulement.

Sur le terrain, ils sont de plus en plus nombreux à ne pas afficher explicitement leur appartenance au PS quand ils se représentent. Et pourtant s'il reste un socialiste, un dernier ce sera lui : Benoît Hamon, l'ex-frondeur, ex-candidat présidentiel, écartelé entre son appartenance socialiste et sa volonté de faire gagner une gauche plus radicale.

Hamon, ferme opposant à Macron

Il y a de quoi s'interroger sur le positionnement de Benoît Hamon. Est-il trop bon ? Trop brouillon ? Le socialiste battu à l'élection présidentielle s'affiche en opposant ferme à Emmanuel Macron, stigmatisant la bienveillance de plus en plus en plus contagieuse des socialistes vis à vis du Président.

Il va plus loin, en soutenant personnellement des candidats communistes ou écologistes dans certaines circonscriptions emblématiques. C'est le cas face à Manuel Valls ou Malek Boutih dans l'Essonne ou face à Myriam El Khomri à Paris.

► CARTE | Les candidats, circonscription par circonscription

Une mansuétude qui ne paye pas, puisque les communistes qui avaient juré l'épargner, lui ont finalement opposé un candidat dans sa circonscription des Yvelines. Un territoire qu'il va devoir défendre âprement, face notamment à la France Insoumise et La République en marche. Et pas sûr que le poing et la rose du Parti Socialiste lui soient d'un grand secours.

Pour autant Benoît Hamon, s'il s'apprête à lancer son propre mouvement, refuse de se renier son identité socialiste... A Jean-Luc Mélenchon qui lui demandait de quitter le PS pour commencer à discuter, il a répondu "niet". L'un de ses proches a cette formule : "c'est comme si les généraux américains avaient demandé aux Indiens de ne plus être des Indiens pour enterrer la hache de guerre".

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